Mannheim

Chapitre V - Le triplé avec Bozon

 

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Malgré les dénégations de la direction qui fait valoir des recettes de sponsoring sans précédent, la dette s'est creusée jusqu'à atteindre 4,1 millions de marks (2 millions d'euros). La licence de Mannheim est en suspens pendant trois semaines. Quand le club est assuré de sa participation à la Bundesliga, il attise la polémique en recrutant deux joueurs de Rosenheim, l'excellent défenseur germano-canadien Mike Heidt et le puissant Venci Sebek.

La fuite en avant

Comme si de rien n'était, Mannheim augmente encore son budget de 25 %, ramène Peter Draisaitl au club, et recrute quelques espoirs bavarois comme Markus Neumüller (Landshut), Ales Volek (Augsbourg), et surtout Alexander Serikow (17 ans, Landshut également). Les deux premiers ne resteront que quelques mois.

Une page se tourne avec le remplacement du gardien Beppo Schlickenrieder par Peter Franke à la fin de la saison régulière 1992/93, mais le club croit fermement que les succès des années 80 seront bientôt dépassés, et la troisième place finale est vue comme un signe très positif d'une renaissance. La défaite en demi-finale est ainsi fêtée dans la joie par les supporters de Mannheim en compagnie de leurs vis-à-vis de l'éternel rival Cologne.

Deux des plus grandes figures du club prennent leur retraite à l'issue de la saison. Peter Obresa, à qui on proposait un contrat avec de sévères clauses de performance, prend à son tour la direction de Francfort après quatorze années sous les couleurs du MERC. Le meilleur joueur jamais formé à Mannheim, Marcus Kuhl, exceptionnel attaquant spécialiste de la passe qui tue, met lui aussi fin à sa carrière, mais pour devenir manager au sein du club. Il a des raisons de se réjouir en voyant les moins de dix-sept ans du club remonter en Bundesliga avec dans leurs rangs un international junior très prometteur, Jochen Hecht.

Mais Marcus Kuhl commet une erreur classique du manager débutant : trop faire confiance à ses amis, sans savoir s'ils sont vraiment les mieux placés pour un poste précis. Il choisit ainsi comme entraîneur son ancien compagnon de ligne à Cologne, Craig Sarner. Mais il ne s'imposera jamais vraiment et sera contesté tout au long de la saison 1993/94. Dans les buts, ni Peter Franke ni le jeune Joachim "Bibi" Appel ne parviendront à s'affirmer comme des titulaires indiscutables. L'élimination en quart de finale est la conclusion logique d'un championnat décevant. Craig Sarner annonce alors son retrait, mais se ravise ensuite en expliquant qu'on l'a mal compris, s'accrochant à son poste avant d'accepter une rupture de contrat.

Mais l'évènement est que l'équipe dirigeante et son président Jochen Engel reconnaissent enfin l'état réel de la dette du club : non pas deux ou trois millions comme ils voulaient le faire croire, mais bien huit millions de marks. Pendant toutes ces années, le trou financier n'aura fait que se creuser dans l'aveuglement le plus total, alors que le club se lançait dans une escalade financière complètement vaine et sans aucun résultat sportif probant. Trente arrivées et trente-neuf départs en quatre ans, ce n'est pas comme ça que l'on construit un club...

Aussi fortement endetté, le club ne peut guère prétendre à obtenir sa licence. L'avènement de la DEL lui donne pourtant l'occasion de fonder une nouvelle structure professionnelle, indépendante du MERC : "Die Adler Mannheim Eishockey GmbH". En une semaine, ses dirigeants, qui ont toujours Jochen Engel à leur tête, réussissent à rassembler la caution d'un million de marks nécessaire à la licence. Ils convoquent une réunion extraordinaire et convainquent les plus importants débiteurs de renoncer à certaines de leurs prétentions devant l'état d'urgence. La dette est ainsi réduite de moitié, et un plan de remboursement sur huit ans des quatre millions de marks restants est mis en place.

Sérieux, professionnalisme, telles sont les promesses que font les dirigeants des Aigles (Adler) comme ceux de la DEL. Effectivement, il semble de prime abord que le club a rompu avec sa folie dépensière. Le manager Marcus Kühl fait signer des contrats d'un an à de jeunes joueurs ambitieux. Ce qualificatif peut également s'appliquer au nouvel entraîneur, Lance Nethery, âgé de 37 ans. Sa philosophie de jeu se fonde sur un travail intense et une combativité de tous les instants sur la glace.

Une jeune équipe pleine d'entrain

Pour son recrutement, Mannheim a puisé dans le vivier de l'excellent club formateur de Landshut, qui avait déjà fourni Serikow, et d'où arrivent David Musial (presque 20 ans) et Erich Goldmann (18 ans). C'est à Iserlohn qu'est recruté un autre junior, Lars Brüggemann. Mais on retrouve aussi pour une fois une proportion non négligeable de joueurs formés au club, le plus notable étant ce joueur de dix-sept ans qui fait ses premiers pas en équipe première, Jochen Hecht. Il ne déçoit pas et se fait d'ores et déjà une place sur la deuxième ligne offensive.

Ce jeu plaît au public qui adopte notamment le Canadien Robert Cimetta, qui se donne à 100%. Pourtant, celui-ci outrepasse parfois les limites et ses trop nombreuses pénalités mettent parfois son équipe dans des situations délicates. La fougue des jeunes permet quand même aux Adler de terminer donc la saison régulière 1994/95 à la troisième place. Mais l'expérience leur fait défaut en play-offs, où, après un premier tour remporté contre Hanovre, ils cèdent contre Cologne, rival traditionnel que ce soit en Bundesliga ou en DEL, et qui deviendra champion. Le bilan est toutefois tout à fait convenable pour une équipe à la moyenne d'âge de 24 ans, la plus jeune de la ligue.

En raison des finances serrées, Mannheim se force à limiter ses folles envies de recrutement et à faire confiance aux joueurs en place. Néanmoins, le départ de Mike Heidt conduit Kuhl et Nethery à renforcer le secteur défensif, ce qu'ils font en recrutant Stéphane Richer et le double vainqueur de la Coupe Stanley Paul Stanton, deux arrières de haut niveau dotés d'une bonne vision du jeu et d'un slap perforant pour le jeu de puissance.

La saison 1995/96 est plus difficile que la précédente car les jeunes Aigles sont désormais attendus. Néanmoins, elle se termine au même stade puisque Mannheim chute en trois manches sèches en quart de finale contre Landshut, après avoir effacé au premier tour des play-offs l'obstacle Roman Turek, l'excellent gardien tchèque de Nuremberg.

Mais l'attention de l'entraîneur Lance Nethery et du manager Marcus Kuhl sont déjà reportés sur la suivante, car un fait nouveau est sur le point de changer la donne. L'arrêt Bosman, du nom de ce footballeur belge qui a porté son cas devant les tribunaux pour pouvoir être transféré sans indemnités en fin de contrat, est en effet en passe de modifier le paysage sportif européen. Désormais, faute de reconnaissance juridique de la spécificité du sport, les joueurs professionnels ayant la nationalité d'un pays de l'Union Européenne pourront évoluer sans restriction dans les différents championnats européens.

En plus des quatre étrangers, les managers allemands peuvent donc aligner autant de citoyens européens qu'ils le souhaitent. Le choix de la plupart d'entre eux est alors de se tourner majoritairement vers les grands pays de hockey, comme la Suède, qui ont un réservoir de joueurs de haut niveau important. Mais Mannheim prend le contre-pied de cette tendance et effectue un pari plus audacieux : il se tourne également vers l'étranger où il sait pouvoir trouver des joueurs moins chers, mais se tourne plutôt vers des pays petits ou moyens dans la hiérarchie du hockey sur glace mondial.

Les "Euro-Adler"

Le profil-type du nouvel arrivant est celui d'un joueur entre vingt-huit et trente ans qui a disputé de nombreux championnats du monde dans une équipe nationale ayant profité du passage du groupe A à douze équipes pour s'installer dans l'élite dans les années 90. Dans ce cas, on retrouve deux Italo-Canadiens, le défenseur Robert Nardella et l'excellent gardien Mike Rosati, mais aussi l'attaquant français Christian Pouget, observé au cours d'un match Reims-Rouen. C'est également dans le championnat français que Mannheim dégote Mike Pellegrims, un cas à part puisqu'il est belge et que sa sélection n'a donc jamais dépassé le groupe C. Mais il est de loin le meilleur joueur de son pays et personne ne regrettera le recrutement de ce défenseur modèle.

En lorgnant du côté de l'Autriche, on fait une entorse à la règle consistant à rechercher des joueurs expérimentés, mais c'est pour une véritable perle : Dieter Kalt, vingt-deux ans, a en effet été le rayon de soleil de l'équipe autrichienne lors des Mondiaux de Vienne où elle a été reléguée devant son public. Comme les discussions avec l'espoir de Klagenfurt traînent en longueur, Mannheim en profite en passant pour engager également le défenseur viennois Martin Ulrich.

Les "Euro-Adler" comme on les surnomme alors n'ont pas forcément la faveur des pronostics, la provenance un peu trop exotique des recrues ne leur donnant pas le même crédit que s'ils venaient d'une nation majeure. Mais chacun se rend compte que Mannheim est fermement installé dans le groupe de tête et est un candidat au titre.

Reste à trouver le dernier renfort idéal pour l'effectif. C'est tout d'abord l'attaquant néerlandais Tommie Hartogs, récent champion de France avec Brest, qui s'installe dans ce rôle de joker, mais malgré ses trois buts en neuf matches, il n'est pas conservé, car Marcus Kuhl est sur un plus gros coup : Philippe Bozon, le seul Français à avoir joué en NHL. Depuis ses deux saisons à Saint-Louis, il évolue en LNB suisse, et bien que les étrangers soient des stars dans ce championnat, il aspire à jouer à un niveau plus digne de son standing.

Philippe Bozon est presque à l'autre bout de la planète, participant à un tournoi préolympique à Nagano avec l'équipe de France, lorsque les négociations se font par téléphone. "Avec l'engagement de Bozon, les Adler ont fait le pas décisif vers le titre" estime Bernd Haake, l'ancien co-entraîneur de leur principal rival, Cologne. Dans une équipe possédant des blocs homogènes, la première ligne d'attaque formée de Philippe Bozon, de son compatriote Christian Pouget, et du Canadien Dave Tomlinson, batteur à ses heures perdues, parvient à se mettre encore plus en valeur. Ne craignant plus personne avec un pareil trio, Mannheim signe une impressionnante série de seize victoires consécutives et rattrape Cologne en tête du championnat 1996/97.

Tout le monde s'attend à une finale de rêve entre la technique de Mannheim et le physique de Cologne, mais les deux antagonistes n'auront pas l'occasion de s'affronter. Les vétérans de Landshut réussissent l'exploit d'écarter Cologne, et comme ils sont l'équipe qualifiée la moins bien classée, ils doivent se coltiner Mannheim à la suite. Ce deuxième mur est trop haut et les Adler accèdent donc à la finale, contre l'inattendu Kassel. L'outsider défend chèrement sa peau, et les deux matches à Mannheim ne sont décidés qu'en début de troisième tiers sur des buts décisifs de Pouget et de Bozon. Le déplacement en Hesse s'étant également soldé par une victoire, et Mannheim renoue avec le titre dix-sept ans après.

Harold Kreis, le chaînon manquant

Il n'y a plus qu'un seul rescapé de 1980 dans l'effectif, Harold Kreis. Ses coéquipiers s'arrangent pour qu'il soit en possession du palet lorsque retentit la sirène, et pour que ce soit lui qui reçoive le trophée en premier en lieu et place du capitaine Pavel Gross. Près de deux décennies dans le même club, et deux titres à dix-sept d'intervalle, voilà qui n'est pas banal, surtout pour un joueur importé à l'époque du Canada. Lien qui unit plusieurs segments de l'histoire du club, Harold Kreis prend une retraite bien méritée à trente-huit ans, après ce nouveau succès.

C'est l'euphorie complète à Mannheim désormais installé au sommet de la DEL. Le nombre d'abonnés triple et on pourrait se dire que le club est plus solide que jamais. Grave erreur...

Les quelques retouches apportées à l'effectif ne sont pas des plus heureuses. Denis Chassé n'est conservé qu'un mois et Daniel Marois trois. En remplacement du premier arrive Mike Hudson, un vétéran de NHL pas convaincant à Augsbourg, mais qui s'avère indispensable à Mannheim dans les infériorités numériques et les mises au jeu.

Désormais souverain dans son pays, Mannheim peut maintenant se confronter au gratin européen en disputant l'EHL. La comparaison continentale s'avère de suite plus ardue que dans le périmètre national. Premier point, les infrastructures. La patinoire du Friedrichspark est si ancienne qu'elle ne correspond pas aux critères requis par l'IIHF. Pour éviter de devoir jouer ses rencontres à Francfort, il faut réaliser 800 000 marks (400 000 euros) de travaux pour refaire complètement les vestiaires. On comprend que le jeune retraité Kreis ait expliqué sa fidélité au club par cette boutade :"Pour moi il n'a jamais été question de quitter Mannheim, car les vestiaires visiteurs étaient trop mauvais." Second point, le niveau de jeu. Face à des adversaires du calibre de Leksand ou du HPK Hämeenlinna, le champion d'Allemagne se fait sortir au premier tour. À charge de revanche, mais avant de goûter à nouveau à ces plaisirs européens, il faut remporter un nouveau titre.

Car la saison régulière 1997/98 n'est plus aussi tranquille. L'entraîneur Lance Nethery, qui s'étonnait après le titre d'avoir connu une saison entière sans la moindre crise, doit désormais constater que l'état de grâce est terminé. C'est surtout à domicile que le club accumule les défaites. Au bout de deux mois, Denis Chassé est... chassé, en direction d'Augsbourg, en échange de l'ancien centre de NHL Mike Hudson qui ne s'était pas imposé en Bavière mais se révèle précieux à Mannheim, notamment en infériorité numérique. Les Adler n'ont finalement aucun problème à remporter leur deuxième titre d'affilée, avec un gardien Mike Rosati qui retrouve de sa contenance après quelques mois de méforme. Ils ne concèdent qu'une seule défaite sur l'ensemble des play-offs, en finale contre les Eisbären de Berlin.

Les titres, mais...

Mannheim a ainsi toutes les apparences d'une domination dynastique sans faille, d'un club puissant et intouchable. Il n'en est rien. Si sportivement tout roule, sa gestion ne s'est pas améliorée depuis la création de la DEL. Il pouvait sembler douteux que Mannheim ait pu monter une équipe de si haut niveau en respectant son plan de redressement financier. La réalité confirme ces suspicions : les bonnes intentions mises en œuvre un temps, quand le club alignait surtout de jeunes Allemands, ont volé en éclats lors de la frénésie causée par l'arrêt Bosman, suivie de la libéralisation totale des étrangers décidée par la DEL.

À l'été 1998, Mannheim est une fois de plus au bord de la faillite. Seul un riche sauveur pourrait encore empêcher le pire. Par chance, c'est ce qui va se passer, car un des supporters du club s'appelle Daniel Hopp et a un papa très riche. L'homme providentiel s'appelle Dietmar Hopp, fondateur de SAP, le logiciel de gestion d'entreprise, et président du directoire de cette société. Il va injecter l'argent nécessaire pour remettre le club à flots tout en garantissant la continuité sportive. L'histoire peut donc continuer comme si de rien n'était.

La saison 1998/99 connaîtra donc le même dénouement que les précédentes mais elle aura été beaucoup plus turbulente. Le pilier défensif Paul Stanton est victime durant l'été d'une infection virale qui attaque les nerfs de son bras et ne retrouvera plus son niveau antérieur. De plus, le départ-surprise du gardien Mike Rosati en juillet laisse le club en plan. Son remplaçant canadien Danny Lorenz n'arrive pas à se mettre au niveau de la DEL et sa doublure Sven Rampf se révèle incapable de le substituer. En janvier, ce sont deux nouveaux gardiens, le vétéran Helmut de Raaf et Pavel Cagas, qui seront engagés pour finir la saison. L'EHL, avec une formule jugée un peu trop longue, sera un peu laissée de côté pour préparer le principal objectif du club, la conservation du titre.

Le message de l'entraîneur Lance Nethery ne passe plus aussi bien, et il annonce son départ en janvier. Cela ne l'empêche pas d'entrer en conflit avec certains joueurs et de renvoyer Christian Pouget peu après. Les "Trois Mousquetaires" n'auront donc duré que quelques mois : c'est le surnom donné par la presse allemande aux trois Français après l'arrivée inattendue de Denis Perez. Personne ne s'attendait à ce que le défenseur s'expatrie à 33 ans, alors qu'il était bien installé en Normandie avec un travail en parallèle, mais il a osé déménager à Karlsruhe (à 50 km de Mannheim) car il a pu y scolariser ses enfants dans une école française. Il a raconté dans Hockey Magazine par quels mots son ami Philippe Bozon l'a convaincu de franchir le pas : "Allez, viens, tu verras, c'est une vieille patinoire, ça sent la bière, la cigarette, la bouffe pendant que l'équipe joue, mais évoluer devant 8000 spectateurs de moyenne à chaque match, c'est exceptionnel."

Une fois de plus, le meilleur est à venir en play-offs. Ce troisième titre d'affilée aura été beaucoup plus difficile que les autres, y compris en finale. Les deux précédentes avaient été pliées en trois manches, mais cette fois c'est au bout d'un cinquième match très serré que Nuremberg est battu chez lui (3-2).

La dynastie de trois succès est belle mais elle se termine. Alors que Mannheim avait pu constituer un effectif très complet sur ses quatre lignes, tout est à reconstruire car la plupart des pièces maîtresses s'en vont. La famille Hopp a certes investi son argent mais a aussi affirmé son intention de rendre le club excédentaire en deux ans. Les Adler plaident ainsi pour l'instauration d'un plafond salarial en DEL, qu'ils respecteront en diminuant de 20% leur propre enveloppe. Les autres n'en feront pas tous autant, puisqu'aucun moyen de contrôle ou de sanction n'est prévu de toute façon. Mannheim arrive tard sur le marché et doit reconstituer une équipe championne en tenant son budget.

Le nouvel entra&icrc;neur Chris Valentine et ses protégés peinent à se montrer à la hauteur de la pression très élevée qui règne dans une patinoire habitué au succès. L'équipe ne termine que cinquième de la saison régulière et se fait éliminer en quart de finale par les Kassel Huskies de Hans Zach. Les deux dernières défaites sont humiliantes (1-7 et 2-7), elles témoignent qu'un ressort s'est cassé. Un grand débarras s'ensuit.

Marc Branchu

 

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