Allemagne 2025/2026 : présentation
La DEL a aujourd'hui atteint presque son potentiel maximal puisque les tribunes étaient remplies à 90% en saison régulière et 96% en playoffs. Les patinoires sont désormais presque toutes modernes et devraient peu évoluer, hormis la construction très prochaine de la nouvelle aréna de Francfort et à terme une probable salle plus grande chez le promu Dresde. Dans ces conditions, une question se pose : la croissance continue des salaires peut-elle continuer avec la crise économique qui a rattrapé l'Allemagne ? En choisissant cet été de prolonger par anticipation son contrat télévisé pour dix ans, mais pour un montant moins élevé qu'actuellement, la ligue suisse a peut-être joué un rôle précurseur pour indiquer que la spirale inflationniste sans frein, à laquelle le monde du sport professionnel s'est habitué, a une fin.
La saison 2025/26 sera particulière car c'est une année olympique. De tous les championnats européens, la DEL est celui qui a programmé la pause la plus longue : quatre semaines complètes d'arrêt ! Le calendrier est donc plus serré que d'habitude, ce qui pourrait favoriser les effectifs les plus élargis. La gestion de la trêve de février sera une phase-clé du championnat, presque un nouveau démarrage avant les play-offs ! Qui le gèrera le mieux ?
La réponse spontanée à cette dernière question est logiquement Serge Aubin. L'entraîneur canadien n'a toujours pas perdu une série de play-offs avec ses Eisbären de Berlin. Ceux-ci semble s'être installés pour longtemps au sommet. Début août, ils ont même ont annoncé par surprise la prolongation de trois joueurs du premier bloc (Frederik Tiffels et les défenseurs Jonas Müller et Kai Wissmann) jusqu'en 2029 ! De quoi allonger un peu plus leur domination insolente sur le hockey allemand et dégoûter leurs adversaires.
Dix jours plus tard, cependant, Kai Wissmann s'est blessé au tendon d'Achille à l'entraînement. Opéré, le capitaine sera absent de longs mois. Les Berlinois ont encaissé la nouvelle sans succomber à la panique. Wissmann est irremplaçable mais une place d'étranger reste inoccupée. Le club a largement la capacité de réagir. Le même raisonnement vaut aussi en attaque malgré les départs de Zach Boychuk et Gabriel Fontaine qui représentent 75 points cumulés.
Les Eisbären n'ont recruté que deux joueurs, le centre international norvégien Markus Vikingstad mais aussi Andreas Eder, qui a tellement apprécié l'attitude des Eisbären envers son frère tragiquement décédé qu'il lui succède. Son arrivée a été officiellement annoncée le 12 juillet... le jour où son frère Tobias aurait dû se marier ! Un choix délibéré pour tenter d'amener une touche positive dans ce jour triste et endeuillé pour la famille.
La raison de cette stabilité est évidente. Berlin a grande confiance en ses cadres qui ont déjà obtenu tant de titres. La rumeur faisait état d'un départ négocié de Marcel Noebels, mais il a été le meilleur marqueur de l'équipe dans les quatre premières journées de CHL alors qu'il jouait en quatrième ligne. Et Ty Ronning paraît prêt à poursuivre son incroyable série en championnat (28 matchs consécutifs avec au moins un point). Le Canadien qui se définit comme "un peu hippie" fait de la méditation avant chaque match pour imaginer dans sa tête chaque action de jeu. Cette préparation mentale explique-t-elle qu'il arrive si souvent à ouvrir le score ?
Même le retour du mythe Don Jackson n'aura pas sauvé Munich de son pire bilan depuis 11 ans après avoir consommé trois entraîneurs dans la saison (un bilan dans le top-6 qui suffirait à en contenter d'autres mais qui fait tache dans la capitale bavaroise où les footballeurs et maintenant les basketteurs du Bayern sont champions presque chaque année). Il était temps de renouveler une équipe en fin de cycle, avec 12 changements. Selon le processus usuel, le nouvel entraîneur a été promu en interne depuis l'autre club de la galaxie Red Bull : Oliver David a remporté deux titres en deux ans à Salzbourg en mettant en place un forechecking agressif pour très vite récupérer le palet.
Le coach canadien amène avec lui deux défenseurs depuis l'Autriche : le très offensif Ryan Murphy (32 ans et 176 matches NHL dans sa jeunesse) en meneur des relances et l'espoir de 21 ans Philip Sinn, qui occupe un poste-clé du quota U23 et est déjà biberonné pour l'équipe d'Allemagne. Le vétéran Fabio Wagner a lui tous ses galons d'international et est réputé hautement fiable en infériorité numérique. Il fallait aussi une dimension physique qui manquait dernièrement pour faire la loi dans le slot. Munich a retrouvé un "shérif" avec le colosse d'AHL Dillon Heatherington (1m93 et 98 kg).
Enfin, en dernière minute, la blessure de Will Butcher a été palliée par Ville Pokka, défenseur finlandais fiable et intelligent. De quoi mieux protéger Mathias Niederberger, dont les stats ont décliné dernièrement et qui compte bien gagner la place de titulaire dans les cages allemandes en cette année olympique.
En attaque, un seul Allemand (Luis Schinko de Wolfsburg) est arrivé pour compenser les départs de trois internationaux (Eder, Krämmer et Varejcka). Les recrues productives ne manquent pas : le tir direct de Jeremy McKenna (ex-Nuremberg) doit améliorer un powerplay assez médiocre et Gabriel Fontaine a mis 49 points en 56 parties (playoffs inclus) sur la deuxième ligne du champion Berlin. Mais cela fait déjà 10 Nord-Américains pour 9 places d'étrangers, qui n'étaient habituellement pas toutes occupées en début de saison. Le défenseur offensif Les Lancaster a ainsi passé tout l'été à Munich pour se préparer sur place avec les joueurs allemands et garder ses chances de titulaire alors que sa position semble la plus fragile. La concurrence s'annonce ainsi forte à tous les postes.
Depuis le titre 2019, Mannheim n'a plus jamais atteint de finale. Pour sa troisième saison en poste, l'entraîneur/manager de NHL Dallas Eakins a pu vraiment bâtir l'équipe qu'il souhaitait sans être gêné par les contrats en cours. Certes, celui de Samuel Soramies (qui avait intégré à 10 ans la première génération du sports-études de Mannheim) dure toujours, mais il s'est clairement vu signifier qu'on formerait l'équipe sans lui : que deviendra un hockeyeur pro payé 2 ans à ne pas jouer alors qu'il est censé être au sommet de sa carrière sportive à 27 ans ?
Priorité pour Eakins : des buteurs pour réveiller une attaque aphone. Justin Schütz doit remplacer avantageusement Fischbuch puisqu'il est le meilleur buteur allemand de DEL depuis deux saisons. Anthony Greco a mis 12 buts en 24 matchs à Bienne. Mais le principal atout supplémentaire est à la ligne bleue où Nicolas Mattinen est aidé dans son levier de tir par sa longue crosse : embauché alors qu'il venait de se révéler comme meilleur défenseur de la ligue avec Ingolstadt, Mattinen s'était décommandé l'an dernier pour accomplir son rêve NHL. Rêve inassouvi, il a peu joué même en AHL mais a pris le temps d'y travailler ses habiletés.
Autre grand chantier, le recrutement de deux nouveaux gardiens qui forment sans doute le meilleur duo de la ligue. Champion de Suède et double champion d'Europe avec Frölunda, Johan Mattsson a tout vécu en KHL : sa blessure alors qu'il étincelait en play-offs 2023 avait coûté la qualification à l'Avtomobilist de Stéphane Da Costa, et depuis lors il n'a joué que 21 matchs en deux ans, à cause de la concurrence à Saint-Pétersbourg puis parce qu'il s'est fait virer en même temps que tous les étrangers du Barys. Indésirable dans son pays maintenant qu'il a monnayé son talent en Russie, Mattsson vient donc en DEL où on n'avait plus vu autant de Suédois depuis le début du siècle. Mais au camp d'entraînement, c'est plutôt le gardien bavarois Maximilian Franzreb qui s'est imposé comme numéro 1.
Avec trois Canadiens, un Américain à passeport allemand (Hayden Shaw qui reste sur trois saisons à Nuremberg) et trois internationaux allemands (Leon Gawanke, Tobias Fohrler et Lukas Kälble), la défense est largement pourvue et Eakins y prévoit de faire tourner et souffler ses hommes pour être performant à chaque match. Il y emploiera en effet un des 3 quotas U23 qu'il faut utiliser sur 19 joueurs de champ. Des quotas qui sont un handicap alors qu'ils devraient être un atout. Les Jungadler de Mannheim ont été champions 18 fois en 23 ans mais cette ressource est sous-exploitée. Un talent d'exception arrive avec Max Penkin, déjà dominant chez les juniors à 15 ans parmi des joueurs jusqu'à quatre ans plus âgés. Ne pas tailler et polir soigneusement ce joyau serait un gâchis !
Cologne a préparé le remplacement de deux attaquants du trio offensif qui faisait la pluie et le beau temps depuis deux ans. Le départ de Schütz à Mannheim avait été connu très tôt, et le KEC n'a rien proposé à Alexandre Grenier. À leur place, Dominik Bokk revient dans le club où il fut un junior prometteur (non confirmé jusqu'ici) et Patrick Russell arrive auréolé d'un championnat du monde exceptionnel avec le Danemark. L'attaque devrait moins dépendre d'une seule ligne. Louis-Marc Aubry a obtenu son passeport allemand au moment de la reprise de l'entraînement et la place d'étranger libérée a finalement été confiée début septembre à l'Américain Tanner Kero (35 points en 134 matchs NHL et une première année d'expérience européenne en Suède avec HV71.
Mais après le triple 0-7 en finale, c'est l'amélioration défensive qui était attendue. L'entraîneur Kari Jalonen a amené auprès de lui 4 des 6 Finlandais de la DEL, dont trois en défense après l'arrivée des deux droitiers Oliwer Kaski et Valtteri Kemiläinen pour combler la vacance en défenseurs offensifs. Avec ces deux gros palmarès de plus, la défense de Cologne a une expérience immense : elle compte cinq trentenaires... tandis que le seul jeune titulaire Jan-Luca Sennhenn s'est blessé à l'épaule gauche après cinq minutes au premier match amical (3 mois d'absence). Une chance pour les jeunes "sous quota", au potentiel sans doute encore supérieur : rentré cet été de NCAA, le prometteur Luca Münzenberger a déjà brillé à sa place.
Porté par deux solides gardiens allemands (le jeune Tobias Ancicka remis de sa blessure et le vétéran Felix Brückmann), Cologne figure parmi les favoris de la DEL. L'image du club pourrait toutefois pâtir de son propriétaire Frank Gotthardt, qui a fait fortune dans les logiciels médicaux. S'il a sauvé le KEC de la faillite il y a quinze ans, il est aujourd'hui surtout célèbre en Allemagne parce qu'il finance un média populiste aux titres trompeurs et aux articles orientés voire complotistes. On dit de Gotthardt qu'il veut créer le "Fox News" allemand et ses activités font l'objet d'enquêtes journalistiques de plus en plus fréquentes. Ne vivant même pas dans la ville (mais à Coblence), il n'est pas vraiment en phase avec la couleur politique de Cologne où - malgré le soutien public d'encore plus loin d'Elon Musk à l'extrême-droite pendant la campagne - le deuxième tour des élections municipales opposera la candidate écologiste, fille d'un attaché culturel de l'ambassade de Turquie devenue réfugiée politique car kurde, au candidat socialiste, par ailleurs ex-président du comité olympique allemand.
Les clubs des métropoles sont toujours cités en favoris par force de l'habitude ou par paresse intellectuelle, mais c'est bien Ingolstadt qui a été dominant dans la dernière saison régulière. Certes il faut s'accoutumer à ne plus voir les deux figures de la défense qu'étaient Fabio Wagner (capitaine parti à Munich) et Mat Bodie (retraité), mais l'an passé la première paire était déjà composée du "défenseur de l'année" Alex Breton et du robuste Morgan Ellis. Les recrues à l'arrière sont jeunes et affamées : Chris Jandric a été le défenseur offensif majeur du champion ECHL Trois-Rivières et Peter Spornberger (Bolzano) sait qu'un retour réussi en DEL lui ouvrira les portes de l'équipe d'Italie aux JO de Milan, le projet d'une vie !
Certes, dans les cages, Michael Garteig a préféré laisser sur la table la proposition de contrat d'Ingolstadt sans la signer pour préférer un club de bas de tableau (Augsbourg). Mais il n'avait plus rejoué depuis décembre et Devin Williams avait su saisir sa chance comme titulaire. Il compte bien défendre maintenant sa place face au jeune prétendant d'ECHL Brett Brochu.
Bon, d'accord, en attaque, Wojciech Stachowiak (qui tente sa chance en NHL) est irremplaçable, et la meilleure recrue allemande arrive de DEL2 (Samir Kharboutli). Dans ce secteur, il a donc fallu recruter des étrangers dans des ligues de calibre supérieur : l'ailier droit Riley Barber est un gros calibre de KHL et Peter Abbandonato a fini par sauver la saison des Pelicans. Cela ne suffit pas à rendre le recrutement d'Ingolstadt plus sexy que ses concurrents, mais l'an passé, la révélation Breton venait de Slovaquie. Les départs ne sont pas forcément irrémédiables et l'équipe a même gagné en vitesse.
En CHL, l'Allemagne s'inquiétait du sort d'Ingolstadt après ses deux défaites d'entrée à domicile, mais après ses deux victoires en Suisse la semaine suivante, la panthère est repassée devant les deux victimes de Grenoble et donc la seule équipe allemande en position de se qualifier pour le moment.
Le cumul des compétitions (avec CHL et Coupe Spengler) aura eu raison la saison dernière des Tigers de Straubing, dont la progression continue s'est arrêtée net. Le club bavarois a reculé en milieu de tableau, septième, mais n'a clairement pas abandonné l'idée de lutter avec les meilleurs.
L'évènement de l'intersaison est le retour du fils prodigue Stefan Loibl. Le natif de Straubing revient de cinq années en Suède et à Mannheim, ville d'où il rentre accompagné de son nouvel ami Zachary Leslie, un défenseur canadien qui a hâte de jouer après avoir souvent été surnuméraire chez les Adler (13 parties jouées seulement). Stefan Loibl était, lui, un titulaire régulier, mais n'avait plus de rôle offensif majeur. En rentrant à la maison, il se voit dérouler le tapis rouge à 29 ans : capitaine et centre de la première ligne. Il peut servir de modèle aux nombreux joueurs allemands qui se développent bien dans l'équipe, et auquel s'est joint le vice-champion du monde 2023 Filip Varejcka (24 ans, Munich).
Le recrutement étranger témoigne des mêmes ambitions. Son long contrat ayant été automatiquement résilié par la relégation de Düsseldorf, l'international norvégien Henrik Haukeland forme un duo concurrentiel de haut niveau avec le jeune international allemand Florian Bugl (23 ans).
Champion de Finlande 2024 avec Tappara dont il a été deuxième puis troisième marqueur depuis deux saisons, Nick Halloran est attendu comme une des nouvelles attractions de la DEL par sa vitesse et sa vision du jeu. Le défenseur Nicolas Beaudin vient pour sa part d'être sacré champion tchèque avec le Kometa Brno. Tous ces nouveaux arrivants ont un point commun : ils aiment et veulent gagner.
Le grand enjeu de l'intersaison 2025 pour Bremerhaven était la fin de contrat de ses deux gardiens. Le sujet a été réglé avec brio dès le mois d'avril. Parti à Cologne, Franzreb a été remplacé par Leon Hungerecker dont le temps de jeu et les stats n'ont cessé de s'améliorer au cours de ses trois années à Nuremberg. Surtout, l'international letton Kristers Gudlevskis, meilleur gardien de DEL deux ans de suite, a prolongé pour une saison supplémentaire.
Est-ce l'environnement familial du club ou bien le fait de privilégier des joueurs de "petites nations" et non les Nord-Américains en usage ailleurs ? En tout cas, les étrangers s'installent longtemps à Bremerhaven. Même retraités de leur équipe nationale, les trois Slovènes de la première ligne Miha Verlic (34 ans) - Jan Urbas (36 ans) - Ziga Jeglic (37 ans) ne semblent toujours pas avoir l'intention de baisser de pied. Certains fans s'inquiètent toutefois du vieillissement de l'équipe qui continue.
Alors que Bremerhaven était vu comme un club de naturalisés, la Mer du Nord devient même une destination attractive même pour les internationaux originaires de Bavière, à l'instar du combatif attaquant défensif Nico Krämmer. À 32 ans, il n'incarne certes pas le rajeunissement. Mais après le succès de Fabian Herrmann l'an passé, voilà que le meilleur rookie de DEL 2023 Bennet Roßmy a choisi les Fischtown Pinguins comme tremplin (que Düsseldorf n'avait pas été). Si ces jeunes confirment et restent longtemps eux aussi, le miracle Bremerhaven n'est peut-être pas près de prendre fin.
L'entraîneur canadien Steve Walker a conduit Schwenningen à deux participations en play-offs en deux ans, après cinq non-participations consécutives. On attend évidemment qu'il poursuive cette série, d'autant qu'il a conservé tous ses cadres. Les sept attaquants à 30 points ou plus (play-offs inclus) sont toujours là.
Les modifications, a priori mineures, peuvent avoir leur importance. Les Wild Wings avaient le plus faible taux d'engagements gagnés de la ligue et Walker trouvait que son équipe manquait de gabarit : il dispose désormais d'un centre efficace aux mises au jeu, Jordan Szwarz (34 ans, 50 matchs de NHL, capitaine de 3 équipes en AHL un an en KHL puis quatre ans à Mannheim), et de la stature imposante de l'Américain de 27 ans Tim Gettinger (1m98 et 98 kg), seule recrue à découvrir l'Europe, en provenance d'AHL avec 16 parties de NHL au passage.
Derrière, Dominik Bittner remplace avantageusement le retraité Daryl Boyle et le Suédois Eric Martensson s'annonce plus sûr sur le plan purement défensif que Jordan Murray. La balance des rares changements paraît donc positive... mais les autres joueurs ont un an de plus et Schwenningen a avec Bremerhaven les équipes les plus âgées de DEL (29,2 ans de moyenne d'âge pour ces deux clubs). Les exemples récents de Munich et Wolfsburg démontrent que tout a une fin et que prendre de l'âge entraîne parfois un retour de bâton. En particulier, la performance du gardien suédois Joacim Eriksson sera scrutée de près, pour sa dernière année de contrat à 35 ans, car ses stats déclinent depuis deux ans.
Club le plus régulier de DEL, présent 10 fois en demi-finale en 15 play-offs joués, Wolfsburg a subi sa deuxième non-qualification en play-offs seulement en l'espace de 17 ans. Ce fut un vrai coup d'arrêt pour l'équipe, qui a donc remplacé 5 de ses 9 étrangers. Performant individuellement à Düsseldorf, Tyler Gaudet fait son grand retour trois ans après son départ et prend place sur le premier trio entre Spencer Machacek et Matthew White, les seuls leaders offensifs conservés dans une attaque qui était vieillissante.
Mais à l'heure où la plupart des clubs de DEL recrutent surtout à l'intérieur des frontières, Wolfsburg n'a pas les moyens de surenchérir sur des joueurs connus et a dû prendre plus de risques. Les deux nouveaux défenseurs américains n'ont fait qu'un passage "express" en DEL. Ethan Prow a juste connu que la "demi-saison Covid" à Munich et a entre-temps joué 4 matches de NHL avec Buffalo (où il avait marqué sur son premier tir). Keaton Thompson n'a passé que 6 matches à Mannheim avant de partir une saison en KHL sous les ordres du professeur Larionov au Nijni Novgorod (d'où vient aussi son compatriote attaquant Bobby Lynch).
Pas de scrupules à recruter dans la ligue russe, donc, ni dans des divisions moins cotées. Jacob Hayhurst arrive d'Allsvenskan (deuxième division suédoise) et le centre Matt Choupani - qui bénéficie d'un passeport allemand - est un universitaire qui a juste une brève expérience pro de fin de saison en ECHL. Si les cadres ont beaucoup changé, la saison dépendra aussi du seul poste invariant : diminué en fin de saison dernière par une blessure au ménisque, le gardien Dustin Strahlemeier a été opéré pendant l'été et le club espère qu'il retrouvera à 33 ans son niveau antérieur.
Après une saison réussie (huitième), Nuremberg. est après Berlin l'équipe qui a procédé aux moins de retouches. Qualifiés trois ans de suite pour les pré-playoffs malgré un petit budget, les Ice Tigers se sont donné les moyens de conserver leurs meilleurs joueurs, dont le meneur de jeu Evan Barratt et le défenseur-vedette Owen Headrick.
Deux éléments-clés, le buteur McKenna ("un peu unidimensionnel" selon le coach O'Keefe) et le centre de métier Ryan Stoa, ont été perdus et ne sont pas remplacés à l'équivalent, mais les deux recrues sont annoncés comme étant des profils plus complets. Le gros travailleur Greg Meireles mettait moins de points en AHL que Cole Maier - qu'il rejoint maintenant à Nuremberg - durant leurs années AHL communes dans le Manitoba, même s'il a trouvé un rôle offensif en Slovaquie. L'attaquant Tyler Spezia est si polyvalent qu'il a même joué 40 matches en défense en AHL la saison du Covid. L'entraîneur Mitch O'Keefe dit envisager de donner sa chance à Roman Kechter pour remplacer McKenna : ce jeune joueur formé au club a un bon tir et le talent pour exploser offensivement, il s'est aussi entraîné fort cet été pour cela.
En ancien gardien, O'Keefe sait apprécier le calme et la gestion des angles de son nouveau portier Evan Fitzpatrick, joker de Munich l'an passé après être lui aussi passé en Slovaquie. Mais si on avait l'habitude que Nuremberg déniche des recrues nord-américaines au bon rapport qualité/prix, le tour de force de l'intersaison est d'avoir fait venir un des espoirs les plus cotés du pays, Jakob Weber, développé à Kaufbeuren puis à l'académie Red Bull. Le défenseur droitier - compagnon de chambre de Kechter dans les sélections de jeunes de Bavière - est déjà apparu mûr pour le haut niveau dans les rangs munichois et devrait être un des meilleurs "U23" de la ligue. Les Ice Tigers ont bien besoin de Weber pour gagner un peu en densité car ils restent dépendants des Nord-Américains.
Champion NHL avec les Florida Panthers (sans jouer en finale), Nico Sturm a amené la Coupe Stanley pour la seconde fois dans la ville d'Augsbourg. Il en a profité pour affirmer qu'il ne plaisantait pas en déclarant lors de son précédent passage il y a trois ans qu'il voulait un jour être champion de DEL avec son club formateur. En attendant, Sturm poursuit sa carrière NHL et les Augsburger Panther (sans s car il s'agit d'un pluriel invariable en allemand) jouent surtout le maintien. Du moins, c'était le cas jusqu'ici.
Dernier ou avant-dernier depuis trois ans, Augsbourg est en effet attendu comme un sérieux candidat aux play-offs. Pourquoi une tel changement de statut ? Premier gros coup : le recrutement d'Alexandre Grenier, meilleur marqueur de Cologne si on inclut les play-offs où il a inscrit 10 buts pour partir en beauté ! Les Souabes ne comptent pas seulement sur les étrangers mais ont même réussi à attirer de bons joueurs allemands : le centre de 26 ans Tim Wohlgemuth (Cologne aussi) a besoin de temps de jeu de qualité (y compris en avantage numérique) pour se développer, tout comme le défenseur droitier Fabrizio Pilu (23 ans, Mannheim). Alexander Blank (23 ans) et l'arrière Moritz Wirth (26 ans) ont été opportunément récupérés du marasme de Düsseldorf. Deux de ces joueurs arrivent à l'âge le plus difficile pour se faire une place en DEL car ils sortent des quotas. La contrepartie malheureuse dans l'effectif d'Augsbourg est que les joueurs qui occuperont les trois postes U23 sont bien plus faibles.
L'autre arrivée marquante est celle d'un ancien entraîneur de NHL et champion du monde, Bill Peters. Si l'on considère que son travail de repentance sur ses méthodes et ses déclarations racistes (voir anecdotes de juin) est sincère et non tactique, un coach d'une telle expérience peut apparaître comme une bénédiction controversée.
Pour ranimer le moins bon powerplay de la ligue, Augsbourg a engagé le petit Kyle Mayhew, meilleur défenseur d'ECHL qui a aussi passé une partie de la saison en AHL où le directeur sportif Larry Mitchell est allé l'observer personnellement. Le recrutement s'est achevé dès le mois de juillet, bien plus tôt que d'habitude, avec Madison Bowey, un défenseur droitier de 30 ans qui a passé 158 matches en NHL avant l'AHL et la KHL. N'en jetez plus ! Cela fait presque trop, 10 étrangers pour 9 places. Mais c'était déjà le cas l'an passé et le poste surnuméraire n'avait existé que lors des deux premières journées, il y a toujours eu au moins un blessé ensuite !
N'est-ce pas dangereux pour un club de fond de cale de se persuader de pouvoir jouer le haut du tableau avant même que la saison ne commence ? Il reste une inconnue importante devant les filets où Michael Garteig (commotion cérébrale) et Peyton Jones (simple joker de Vienne) n'ont plus joué de match officiel depuis décembre, respectivement janvier. Garteig a 34 ans, mais il était l'un des meilleurs gardiens de DEL pendant les trois premières de ses quatre saisons à Ingolstadt.
C'est un peu la révolte des petits cet été. Iserlohn a réussi à engager Daniel Fischbuch, un joueur qui a mis la bagatelle de 109 buts en DEL sur les 6 dernières années. Fischbuch avait en fait signé pour la DEG avant la relégation, il a choisi Iserlohn parce qu'il connaît le directeur sportif Franz-David Fritzmeier (qui l'avait fait débuter en pro à Duisburg) et parce qu'il veut du temps de jeu et des responsabilités offensives pour revenir en équipe nationale.
Ce club qui fut autrefois appelé "Canada 1c" pour ses naturalisés s'est détourné de cette image en embauchant un homme attaché à la formation des jeunes Allemands comme Fritzmeier. Il y a désormais de vrais joueurs allemands, et des bons, comme Julian Napravnik (33 points l'an passé à Francfort). Il n'y a plus qu'un Canadien à double passeport, Colton Jobke, doyen de la défense à 33 ans. Même au sein du contingent étranger, les Canadiens ne représentent plus que 5 joueurs sur 9.
En quelques mois, Fritzmeier a changé la culture du club, et tout d'abord en embauchant un entraîneur suédois, Stefan Nyman. Un nom facile à faire accepter aux plus anciens supporters car il a joué deux ans dans la défense d'Iserlohn (1997-1999) avant de finir sa carrière au Danemark à Vojens, où il s'est reconverti presque immédiatement de capitaine en entraîneur-chef. Mais depuis vingt ans dans son pays, Nyman est plutôt un homme de l'ombre, assistant-coach et parfois manager général. Sa spécialité ? Bâtir des défenses, gérer le jeu en infériorité numérique (domaine où les Roosters étaient derniers). Il a amené avec lui d'Örebro le discret Robin Norell, un homme qui a mis 7 points par an en moyenne en neuf saisons de SHL (8 points par an en deux saisons d'AHL).
Les quatre nouveaux Scandinaves (dont le défenseur danois Matias Lassen et le centre norvégien Eirik Salsten) ont tous des profils de vrais joueurs d'équipe à vocation défensive, pas du tout du genre à se préoccuper de leurs statistiques individuelles. Un changement radical par rapport à des Canadiens qui soignaient parfois plus leur feuille individuelle que le bilan de l'équipe. Certains fans s'affolent des CV des recrues et du manque de productivité comptable apparente. Ce que Fritzmeier et Nyman veulent prouver, c'est que c'est vraiment le collectif qui compte, pas l'empilement de points individuels.
Un bras de fer a été engagé à l'intersaison par Francfort avec deux joueurs sous contrat dont les Löwen voulaient se débarrasser. Le défenseur danois Markus Lauridsen a retrouvé un club (Pustertal) et négocié un arrangement à l'amiable. Mais la situation s'est envenimée avec le gardien Juho Olkinuora. Le MVP du Mondial 2022 - dont la dernière saison s'est interrompue par une blessure à l'épaule - a reçu un courrier résiliant son contrat pour inaptitude... mais avait l'attestation d'un médecin finlandais qui affirme le contraire. Avec son agent Bernd Brückler qui ne s'est pas laissé faire, Il s'est tourné vers le SVE (le syndicat des joueurs) puis vers le tribunal... qui lui a aussi donné raison sur toute la ligne.
Francfort doit donc payer un dédommagement à Olkinuora, tout en se retrouvant avec un duo allemand incertain. Cody Brenner, le moins coté mais le meilleur des trois gardiens la saison passée, a été rejoint par son ancien partenaire en équipe nationale junior, Mirko Pantkowski, natif de parents polonais qui a été formé chez le grand rival local de Hesse, Kassel (où il avait évolué dans le champ pendant ses deux premières années de hockeyeur). Il reste qu'aucun des deux n'est un titulaire établi en DEL, et qu'aucun ne s'est imposé lors de la pré-saison.
Le forechecking agressif de l'entraîneur Tom Rowe nécessite une implication totale de chaque joueur, mais si un des maillons de la chaîne perd sa concentration, la conséquence est fatale. Francfort a d'abord faibli défensivement, puis a terminé une préparation très inquiétante - dans les résultats comme dans la manière - par deux défaites 0-1. Pourtant, Jake Wedman semble être le joueur de slot qui manquait tant et le défenseur droitier américain Michael Joyaux (21 buts en Allsvenskan la saison passée avec Oskarshamn) devait amener plus de mobilité et d'impulsion offensive à la ligne bleue. Une équipe déjà dans le doute avec deux gardiens pas habitués à une telle pression, ce n'est pas le meilleur moyen d'aborder une saison... Une défaite 1-9 en ouverture du championnat non plus !
Personne n'est prêt à jouer le bas du tableau, et Dresde non plus ! Pour son baptême de feu en DEL, il n'a rien d'un faire-valoir. Les Eislöwen disposent même du seul autre entraîneur (en plus d'Aubin) qui ait réussi à remporter un titre de champion d'Allemagne, Niklas Sundblad (c'était avec Ingolstadt en 2014). Ils ont aussi engagé deux ailiers droitiers qui ont été champions en 2023 avec Munich, chacun avec un style très différent : le petit Californien d'origine mexicano-philippine Austin Ortega et le buteur au physique de déménageur Trevor Parkes (de retour au jeu après une saison blanche)
Souvent les promus sont inexpérimentés. Pour les Eislöwen, c'est donc le contraire. Ils sont montés avec des ex-joueurs de DEL comme Drew Leblanc (36 ans) et Travis Turnbull (39 ans), et ils ont recruté cet été le défenseur Justin Braun (38 ans) ! Le nouveau gardien slovaque Julius Hudacek (37 ans) aime bien les promus, il s'était fait un nom en Suède chez un club dans le même cas, Örebro, où il avait d'ailleurs côtoyé Sundblad comme entraîneur à sa dernière année là-bas en 2016/17.
Bémol : est-ce que cela ne manque de jeunes joueurs qui ont un peu faim de buts ? La principale recrue offensive Lance Bouma (35 ans, 362 matchs de NHL) était surtout un attaquant défensif qui s'engageait physiquement et bloquait les tirs, y compris depuis cinq ans en Suède dans des équipes qui jouaient plutôt le maintien. Le système de Sundblad est assez intensif en patinage : ses joueurs pourront-ils suivre le rythme. Ils ne pourront guère être soulagés par les joueurs U23/U24 qui sont faibles.
En dehors des jeunes sous quotas, il n'y a alors que deux joueurs allemands, Oliver Granz et Niklas Postel. Tous les autres sont des doubles passeports, une tendance récente de Dresde qui ne manquera pas de faire débat, et qui fait un curieux contraste dans une Allemagne de l'Est où l'AfD est devenue le premier parti avec des thématiques anti-immigration. Un des sponsors est même une entreprise de formation et d'intégration qui aide les joueurs du club à passer les tests de langue allemande nécessaires aux dossiers de naturalisation !
Le classement des villes où l'on est le plus heureux parmi les 40 grandes villes d'Allemagne est le genre de rituel annuel qui capte toujours l'attention médiatique. En 2025, Kassel a conservé la première place, devant Krefeld deuxième et Düsseldorf troisième. Mais pour que les supporters de hockey sur glace soient tout à fait heureux dans ces trois villes où il fait bon vivre, il faudrait une montée en DEL... à laquelle ces trois clubs sont les candidats majeurs !
Les yeux bleus des Kassel Huskies sont toujours focalisés vers la DEL. En pré-saison, ils ont rencontré quatre adversaires de division supérieure pour un bilan équilibré (2 victoires, 2 défaites). Mais aux premiers signes de printemps, les chiens de traîneau s'enfoncent dans la neige fondante et n'arrivent plus à tracter le club vers son objectif déclaré de montée. Y arriveront-ils un jour ? Chaque année, l'adversité est plus forte. Krefeld a encore recruté un des membres du super-trio du vice-champion Regensburg (Matthew Santos) et a même engagé pour deux mois (pour pallier des blessures et pour attendre un coup de pouce pour financer la suite) Philip Gogulla, l'ancien capitaine de Düsseldorf que ses ex-supporters ont donc sifflé dès les premières retrouvailles en amical - même si son ancien club ne lui avait jamais proposé de contrat.
Après sa relégation, Düsseldorf n'a en effet gardé qu'un titulaire, le défenseur canado-allemand Max Balinson, même si des joueurs formés au club et partis comme Leon Niederberger ou Nicolas Geitner ont aussi été rapatriés pour la reconstruction. Même si la remontée immédiate n'est pas l'objectif officiel de la DEG avec un effectif qualitatif mais quantitativement limité, on ne peut s'empêcher de comparer les trois favoris. Il y a quelque chose de consanguin dans leurs transferts. Le "chat noir" - relégué avec Krefeld puis avec Düsseldorf - Laurin Braun est ainsi passé à Kassel tandis que le controversé Ryan Olsen a fait le chemin inverse... avant que la DEG ne le vire à son tour à la fin de la présaison. Les arrivés les plus importantes pour le grand club descendu de son piédestal sont les deux meilleurs étrangers de Krefeld en play-offs, Lucas Lessio et surtout le puissant international japonais Yushiroh Hirano. Un choix stratégique car Düsseldorf dispose de la troisième plus grande communauté japonaise d'Europe (loin derrières Londres et un peu derrière Paris) avec 8400 personnes, essentiellement des cadres des nombreuses entreprises nippones implantées dans la ville. Autant de potentiels sponsors !
Le quatrième favori est Ravensburg, qui a maintenant déposé un dossier de montée et ne se laissera plus retarder par un petit défaut d'infrastructures (un espace VIP doit être construit) pour franchir le pas au niveau supérieur si jamais les Towerstars remportaient une quatrième fois la division (après 2011, 2019 et 2023). Les six clubs ayant déposé un dossier d'accession sont aussi probablement les six clubs les mieux armés. Landshut aborde en effet la saison dans une certaine euphorie depuis l'annonce de l'arrivée du célèbre entraîneur Uwe Krupp. Même un peu en dessous des cinq autres, Rosenheim a gardé pour la première fois ses 4 étrangers. Ce club formateur a simplement remplacé trois attaquants vétérans héros de la montée par trois doubles passeports venus de Weißwasser... ce qui a fait grogner pour des raisons différentes dans les deux clubs.
Ce top-6 est en train de croître très vite en termes de budgets et de moyens, surtout le top-3. On en vient à se demander si on ne risque pas d'avoir un championnat à deux vitesses,, et si les autres arriveront à suivre. Sportivement, les trouble-fête pourraient être Bad Nauheim, qui a fait revenir en DEL l'entraîneur écossais très réputé Peter Russell, et Kaufbeuren, où la légende Patrick Reimer a reconstruit l'équipe avec 15 nouveaux joueurs et un nouvel entraîneur (Todd Warriner qui a amené de Tilburg le marqueur néerlandais D'Artagnan Joly).
Sur le plan de l'infrastructure, beaucoup ont compris qu'il ne fallait pas perdre de temps. Monté d'Oberliga il y a deux ans, Rosenheim a déjà systématisé les dossiers d'accession. Monté il y a trois ans, Regensburg prépare des aménagements dans la Donau Arena sur les deux prochaines années pour être en mesure de le faire, car la demande dépasse déjà les loges disponibles. D'ici là, le budget restera ric-rac. Il s'agit de viser le maintien et le meilleur marqueur de l'histoire du club Nikola Gajovsky s'est reconverti en défense pour y aider. Remonté cette année après ses deux descentes consécutives, Bietigheim a évidemment l'infrastructure déjà éprouvée en DEL, mais ne s'est pas porté tout de suite candidat à la double montée et veut d'abord un peu de consolidation et de calme. Pas sûr que le calme soit tout à fait possible avec un entraîneur (le Germano-Kazakh Alexander Dück) poursuivi pour harcèlement sexuel par les deux anciennes kinés... Il y a aussi déjà une bisbille avec les fans furieux de l'installation d'un panneau publicitaire LED à l'emplacement qu'ils utilisaient pour déployer leurs grands bannières : grève de tifo jusqu'à nouvel ordre !
Monté il y a un an, Weiden en est encore à des doubles fonctions inhabituelles, en engageant Michael McNiven à la fois comme gardien et comme entraîneur des gardiens, fonction qu'il occupait déjà dans l'équipe junior des Powell River Kings (BCHL)... qui est la propriété du Birch Group qui a racheté le club allemand en détresse en début d'année. Un investisseur néanmoins ambitieux : le représentant du Birch Group évoque ouvertement que le projet n'est pas seulement la consolidation mais l'accession au niveau supérieur, ce qui implique de doubler la capacité patinoire pour atteindre 4500 places requises en DEL.
Si les petits clubs évoluent si vite, cela peut être dangereux pour ceux qui stagnent. Pour transformer son infrastructure et ajouter une seconde glace, Weißwasser cherche ainsi à "vendre" un immense centre de formation qui servirait de centre national féminin. En attendant qu'aboutisse ce grand projet à horizon 2032, Lausitzer Füchse ont réussi à se qualifier trois fois de suite en play-offs avec l'équipe la plus jeune de DEL2 et espèrent donc y parvenir une quatrième fois, avec le meilleur marqueur de l'EIHL britannique Alexis d'Aoust en fer de lance. Fribourg-en-Brisgau a pour sa part enchaîné cinq qualifications consécutives en play-offs et en vient à oublier qu'il a le plus petit budget. La rénovation plutôt que la reconstruction de la vieille patinoire a été annoncée la saison passée.
Même si elle a été éclipsée par la controverse avec la ville sur les balustrades flexibles obligatoires finalement installées cet été, une étude a abouti aux conclusions similaires à Crimmitschau : la rénovation de la patinoire coûterait 37,5 millions d'euros. Il faut refaire le pourtour en fermant le côté encore ouvert et en reconstruisant toutes les tribunes pour passer à 3000 places assises plus 1500 debout (au lieu de 5222 à majorité debout aujourd'hui), une configuration qui respecterait les critères de la DEL avec 500 places affaires. La dalle d'origine qui a 60 ans peut être maintenue intacte. Le toit qui date de 1994 peut être conservé avec des aménagements notamment pour installer des panneaux photovoltaïques. Trop tard en tout cas le fabricant de panneaux solaires Autarkstrom qui a fait faillite... La perte de ce sponsor majeur a réduit le budget des Eispiraten de 200 000 euros et ils n'ont donc pas renouvelé un des deux entraîneurs adjoints (celui chargé de l'analyse vidéo).
Plus encore peut-être qu'en DEL, il faudra bien trouver un dernier pour descendre mais aucun candidat idéal ne se dessine et beaucoup s'équipes pourraient se retrouver concernées et vivre de cruelles désillusions par rapport à leurs ambitions de départ.
Marc Branchu