Finlande 2026 : bilan de la saison et perspective

 

Les résultats du championnat finlandais

Le bilan précédent (2025)

 

La Liiga a enfin trouvé un modèle stable. Avant d'arriver à ce compromis, chacun y est allé de sa proposition. Ce sont d'abord sept clubs (HIFK, Tappara, Karpät, TPS, Espoo, JYP et Jokerit) qui ont parlé de créer une ligue à 10 clubs et d'inviter des équipes baltes (par exemple par une réactivation du Dinamo Riga). Ces clubs bien pourvus veulent un système de relégation directe et trouvent que les petits clubs ont trop d'influence et profitent aussi trop du système, notamment du partage des recettes des play-offs. Par exemple, KalPa avait reçu 100 000 euros de solidarité... qui l'ont aidé à être champion par la suite en 2025 !

Mise sous pression - ce qui était le but recherché - la Liiga a alors présenté les conclusions d'un groupe stratégique, qu'elle dit avoir travaillé avec la fédération : elles préconisent une formule de ligues A (12 ou 14 clubs) et B (10 clubs), avec poule de promotion/relégation entre les deux derniers de ligue A et les quatre premiers de ligue B.

Le système à 12+10 a longtemps semblé le plus populaire, mais le jeu d'influence qui a précédé l'assemblée générale fin novembre a réussi à promouvoir le modèle alternatif à 14+10 - moins équilibré mais qui fait moins de malheureux - en "retournant" quelques voix influentes. Les recettes collectives de la ligue - comme les droits de la télévision ou des paris sportifs - seront partagées à 80% entre les clubs de ligue A (à égalité) et 20% entre les clubs de ligue B (avec prime aux meilleurs). Et chacun pourra conserver ses recettes aux guichets en play-offs sans les mettre dans un pot commun.

L'instruction des dossiers de promotion par une commission indépendante et le retour du mérite sportif avec une promotion/relégation directe en 2028 ont aussi été salués par l'Autorité finlandaise de la concurrence, qui a acté les changements positifs et officiellement clos début juillet 2026 l'enquête qu'elle avait ouverte. Mais pour arriver à cette solution presque idéale, il a fallu reculer pour mieux sauter : les clubs ont aboli la relégation en cours de route pour la saison écoulée, et même accepté jusqu'à deux clubs de plus... en sachant qu'il faudrait alors en reléguer trois ou quatre en 2027 ! De ce fait, si le suspense a disparu pour la descente en 2026, le prochain championnat est déjà annoncé comme la plus grande saison de l'histoire tant les enjeux sont forts. Aucun club ne veut perdre sa place !

 

Tappara Tampere (1er) : le trophée en a assez et voudrait changer de mains

En 2024 avait été lancé le projet "Tappara 2.0", lié notamment à l'arrivée de l'entraîneur suédois Rikard Grönborg, qui laisse pratiquer un jeu très libre et peu orthodoxe pour les pratiques de la Liiga. L'équipe de Tampere a fiini championne la première année... puis a connu sa pire place depuis treize ans l'année suivante. Les services de Grönborg auraient alors été proposés sur le marché malgré un contrat en cours. Il a finalement été conservé, en maintenant le projet "2.0" et en réinvestissant dans l'équipe.

Dès la mi-octobre, on a appris que Rikard Grönborg redeviendrait sélectionneur national de la Suède. La rumeur d'un retour au pays de Kari Jalonen pour le remplacer s'est ensuite concrétisée. Néanmoins, ces changements futurs n'ont pas perturbé l'équipe. Avec un style un peu plus en contrôle, Grönborg a pu compter sur un grand leader offensif, Benjamin Rautiainen, qui a amassé le septième plus grand total de l'histoire de la Liiga (77 points). Tappara restait le favori numéro 1 avant les playoffs.

Il y eut pourtant une polémique en février après un match à 226 minutes de pénalité contre le JYP : l'assistant-coach de Jyväskylä (Santeri Heiskanen) a accusé Gronborg d'avoir prémédité et annoncé une "vengeance" contre Antti Tyrväinen pour une faute ayant entraîné une blessure lors d'une confrontation antérieure. Dès l'échauffement, le vétéran Emil Sylvegård avait invité Tyrväinen à se battre, ce qui est arrivé... après 17 secondes de jeu seulement. La ligue a diligenté une enquête et Grönborg a été interdit de toute communication avec ses joueurs pendant 3 rencontres.

En play-offs, l'expérience a néanmoins payé, notamment dans une série finale que Tappara a fini par renverser après avoir été toujours mené par l'outsider KooKoo. Au lieu d'un nouveau champion inédit, on a donc eu un vainqueur très habituel : quatrième titre en cinq ans. Même le "Kanada-malja", le trophée de champion, en a eu marre : il s'est plié en deux au moment où Kristian Tanus le soulevait !

Un Français a aussi remporté ce trophée (le troisième après Auvitu et Bertrand). Justin Addamo, joueur des Jukurit, a été prêté à Tappara pour la fin de saison. Il y avait moins de temps jeu et un rôle de l'ombre, mais a connu un soir dans la lumière avec deux buts au premier match (perdu) de la finale. Surtout, comme centre de la quatrième ligne, il a eu une contribution aux mises au jeu (55%) et dans les duels physiques

 

KooKoo Kouvola (2e) : l'attaque attractive de la ville-repoussoir

Kouvola, ville de 80 000 âmes, est parfois décrite comme la ville la plus repoussante de Finlande. Sa région, située au sud-est du pays, est celle qui perd le plus d'habitants. De l'extérieur, la Lumon Areena est un bâtiment en béton tout aussi peu attirant. Mais à l'intérieur, outre une infrastructure parfaite, il y a une équipe enchanteresse qui porte haut ses couleurs, l'orange et le noir.

Avec KooKoo, les joueurs marquent plus qu'ailleurs. Les recrues Ville Meskanen (revenu d'Ilves) et Miska Siikonen (revenu de SaiPa) en avaient conscience et savaient où elles remettaient les pieds. Tous deux ont connu la meilleure saison de leur carrière pour devenir les deux meilleurs marqueurs. Leur collègue de la première ligne Veeti Miettinen, qui avait connu une belle carrière NCAA, est quant à lui passé de 14 à 41 points (et même 57 en incluant les play-offs) pour sa seconde saison pro en Finlande.

Cette attaque prolifique est due au style de jeu audacieux à haute intensité de l'entraîneur Jouko Myrrä, avec un forechecking plein de risque qui font de KooKoo la meilleure équipe de Liiga dans les transitions. Rarement un coach aura fait une telle unanimité : les 42 votants l'ont tous cité en première position à l'élection du meilleur entraîneur. Même sans réussir un carton plein similaire, Eetu Randelin a aussi largement remporté le vote à son poste : il est le gardien qui a sauvé le plus de buts dans la ligue (par rapport aux buts anticipés).

L'an passé, la sixième place en saison régulière avait été gâchée par une défaite au tour préliminaire des play-offs. Cette année, avec seulement 2 millions d'euros de masse salariale, KooKoo a battu le record du club avec une incroyable deuxième place, puis a atteint la finale. Le petit club dont la belle histoire faisait l'admiration de tout le pays était à 40 minutes du titre... mais a succombé de peu face au grand Tappara.

 

Saimaan Pallo (3e) : une vraie méthode collective

Il y a un an, c'est le SaiPa de Lappeenranta qui stupéfiait toute la Finlande avec une formidable finale, totalement inattendue après cinq années passées entre la 12e et la 15e place. Mais après le départ des joueurs-clés, le style désagréable à jouer de l'entraîneur Raimo Helminen fonctionnerait-il encore ? L'ancien passeur de génie a donné la réponse en continuant de s'appuyer plus que tout autre sur un vrai système collectif, dans lequel chacun sait ce qu'il doit faire. En seulement deux ans, Helminen a forgé une identité d'équipe sans pareille. SaiPa a amassé 112 points en saison régulière, record du club.

Même si Maxime Fortier a lui-même battu un record de points (29+37=66) et est un des rares joueurs de Liiga à pouvoir se créer une occasion à lui seul sur un 1 contre 1, Helminen a mis en place une rotation très équilibrée entre toutes ses lignes. Le premier trio Kivenmäki-Nikkanen-Fortier, pourtant en grande forme, ne dépasse pas 20 minutes sur la glace. En défense aussi, les temps de jeu de SaiPa sont équitablement répartis entre les sept titulaires. Les rencontres sont même partagées entre trois gardiens (l'international letton Gustavs Grigals a fini numéro 3 sans jouer en playoffs). Cette distribution homogène a permis l'éclosion d'Emil Kuusla, qui a été élu meilleur débutant de la ligue... mais qui rejoindra son club d'origine, les Jokerit, pour leur retour en Liiga.

SaiPa devait absolument profiter d'avoir obtenu les deux seules médailles de son histoire sur les deux dernières années pour débloquer le dossier de la patinoire. Celle de Kisapuisto, datant de 1972, est la plus vétuste de la ligue. Une reconstruction sur le même site avait été votée par le conseil municipal fin 2020 mais l'entreprise (Kisakenttä Oy) qui s'était créée notamment autour des anciens joueurs Petteri Nokelainen et Jarno Koskiranta avait rencontré de fortes oppositions car la patinoire est située dans une zone résidentielle. En septembre 2024 - au moment où le sauveur Raimo Helminen venait tout juste d'arriver - le SaiPa avait lui-même soutenu la suspension du projet de nouvelle aréna multifonctions.

Un an plus tard, un état des lieux a démontré qu'on ne peut plus attendre. Le toit en bois lamellé-collé interdit tout effet pyrotechnique lors des concerts et présente des fissures. La municipalité s'est mise en quête d'un nouvel emplacement avec le club, dans le district d'Armila à moins de deux kilomètres du centre, ancien site hospitalier où sont aussi prévus un gymnase et une piscine. La future patinoire est prévue pour 2029.

 

Tampereen Ilves (4e) : favori sans âme et supporters désabusés

Ilves était le favori du début de saison. Pourtant, si le club a fini premier de la phase de poules de CHL, il était au même moment (mi-octobre) dernier de Liiga ! Il faut dire qu'il y avait entre 8 et 10 blessés dans cette phase initiale, des absences que les juniors compensaient bien en CHL. Le classement dans le championnat domestique restait néanmoins anormal car l'équipe avait la pire défense alors qu'elle aurait dû avoir la deuxième meilleure défense au nombre attendu de buts encaissés. Clairement, cela signifie que les trois gardiens n'avaient pas la même efficacité en championnat que dans la compétition européenne. C'était surtout le cas du Finlandais Roope Taponen, finalement prêté pour laisser jouer l'international tchèque Dominik Pavlát et l'international lituanien Mantas Armalis.

Les deux portiers étrangers manquaient un peu de régularité, mais Ilves finissait mieux la saison régulière en accrochant in extremis la quatrième place, confirmée en playoffs. Une place qui ne suffira ni pour une médaille, ni pour retourner en CHL. On attendait bien mieux de cette équipe. Le centre vedette Matias Mäntykivi, notamment, était beaucoup moins en réussite et a vu sa progression régulière s'arrêter (passant de 52 à 35 points). Mais la plupart des supporters pointent plutôt la responsabilité sur les mauvais schémas de jeu en powerplay et garderont un grand souvenir de lui pendant ses cinq années au club. Ils espèrent que Mäntykivi reviendra un jour de Suède (Växjö)... et si possible moins tard que les vétérans qui font de grands discours d'attachement au club à leur retour à un ou deux ans de la retraite.

Cette équipe bardée de talent manquait peut-être un peu d'âme. Les supporters d'Ilves reconnaissent que le président Risto Jalo et la direction actuelle ont redressé le club, mais ne se sentent plus écoutés. Ils regrettent notamment le départ de presque tous les joueurs formés au club. Les cinq meilleurs marqueurs cette saison étaient des étrangers. Quatre resteront... mais pas le premier de tous. Simon Johansson a été le huitième défenseur dans l'histoire du championnat à dépasser 50 points en saison régulière, et il a donc été le deuxième défenseur suédois à remporter le trophée Rautakallio de meilleur défenseur de Liiga après Robin Press (2021). Mais "Simme" Johansson a tellement dominé par sa lecture du jeu et son endurance qu'il n'a pas échappé aux yeux suisses de Kloten.

 

Kalevan Pallo (5e) : infirmerie pleine mais petite révélation

Le champion sortant avait perdu son coach parti aux Kärpät. Le nouvel entraîneur-chef Sami Tervonen débutait dans ce rôle. Mais si la troisième défense a régressé pour n'être plus que la dixième défense, il avait des excuses. La blessure pour cinq semaines de Hugo Gallet en octobre n'était qu'une parmi d'autres. L'attaquant-vedette Juuso Mäenpää a vu sa saison s'achever en janvier, et le gardien américain Stefanos Lekkas - héros du printemps du titre - en février. Et si Teemu Hartikainen et Patrick Curry ont été les deux meilleurs marqueurs, ce fut non avoir vécu quelques semaines d'absence en fin de saison régulière.

Le tenant du titre a bataillé jusqu'à la fin pour une place dans le top-4 qui offrait une qualification directe en quart de finale. Au tout dernier match à Rauma, le jeune coach Tervonen n'hésitait pas à sortir Talyn Boyko - le gardien prêté par les Rangers de New York et devenu numéro 1 par défaut une fois Lekkas à l'infirmerie - alors que le score était de 5-5. KalPa a ainsi laissé Lukko marquer en cage vide en prolongation et lui passer devant. L'équipe de Kuopio reculait en septième position et se retrouvait donc avec un tableau plus difficile... en théorie.

Finalement KalPa s'est sorti en cinq manches du premier tour de play-offs piégeux contre le HIFK. Les deux équipes classées juste devant ont en revanche perdu, y compris Lukko éliminé par le petit HPK. De cette saison pas de tout repos, mais pas ratée non plus, il faut citer une grande satisfaction. KalPa - ou plutôt la famille Kapanen - a encore produit un nouveau joueur : comme il fait 12 centimètres de moins que son frère Kasperi ou son cousin Oliver, Konsta Kapanen n'a jamais intéressé aucun recruteur NHL, mais il est quand même passé de 13 à 37 points en un an et ne semble pas au bout de son développement à 22 ans.

 

Porin Ässät (6e) : le Professeur moins disert sans ses ailiers

Après la perte de leurs deux ailiers internationaux (Erholtz et Hämeenaho) à l'intersaison, absolument personne ne s'attendait à ce que les Ässät figurent en tête du championnat. Ils étaient pourtant leaders mi-novembre... au moment où leurs deux meilleurs ailiers restants, Dylan Fabre et Janne Tammela, se sont blessés coup sur coup. Le plus sévèrement touché des deux (au poignet), Fabre revenait juste à temps pour jouer les Jeux olympiques avec l'équipe de France... mais devait quitter de nouveau le jeu en se tenant la main au troisième match des playoffs.

Affectée par les blessures, l'équipe de Pori a reculé au classement. Le seul joueur à avoir joué chaque match sans jamais être absent, le capitaine Jan-Mikael Järvinen, n'a pas échappé au déclin. Après avoir mis 25 points dans les 27 premières parties de saison régulière, le centre n'en inscrivait plus que 13 dans les 33 suivantes. Le "Professeur" ne trouvait plus ses ailiers, même si le niveau de ceux-ci était amoindri. Sa carrière en équipe nationale, commencée à 37 ans, prenait fin au même moment, à 38 ans, puisque la trêve de novembre marquait sa dernière sélection. Järvinen était sous le feu des critiques parce que son déclin coïncidait avec le moment où son prochain départ du club (pour rentrer chez lui au TPS) s'était ébruité en décembre. Certains supporters lui reprochaient de ne déjà plus être là, mais le jury de la ligue remettait au vétéran le prix du fair-play, marque de respect affirmé envers le joueurs.

Avec autant de difficultés, la saison des Ässät reste très satisfaisante, même si elle s'est achevée dans la frustration avec une défaite au septième match des quarts de finale contre SaiPa, après avoir mené 3 victoires à 2. Le club de Pori sait que ses résultats actuels dépassent ses moyens et regarde surtout vers le bas, et c'est la raison pour laquelle il a porté le "contre-projet" avec 14 clubs et non 12 dans la future élite A.

 

Pelicans Lahti (7e) : le gardien qui arrête tout mais que rien n'arrête

Finalistes en 2024, puis avant-derniers et sauvés en barrage de relégation en 2025, les imprévisibles Pelicans avaient déjà déjoué les pronostics d'avant-saison en atteignant les play-offs, via une confortable onzième place. Ils ont même fait mieux que ça. La troisième moins bonne attaque a ensuite éliminé la troisième meilleure attaque (le JYP) pour accéder aux quarts de finale !

Depuis que Sami Kapanen a pris place sur le banc en janvier 2025, l'équipe de Lahti a fini par retrouver une cohésion défensive encore meilleure que du temps de Tommi Niemelä, qui faisait référence en la matière. Ce système défensif s'est stabilisé en particulier depuis l'arrivée de l'adjoint Teemu Leppänen, ancien coach des juniors du club. Les arrières au maillot turquoise étaient d'autant plus en confiance qu'ils comptaient sur les prestations phénoménales d'un gardien tchèque qui a prolongé jusqu'en 2028 (et qui sera en duo l'an prochain avec Juho Olkinuora).

Ce gardien tchèque, c'est bien sûr l'incorrigible Patrik Bartosak, qui a encore fait parler de lui fin juin. Après un message instagram de soutien aux positions de Savinainen (voir article sur TPS), Bartosak a répondu à un utilisateur : "Il est clair que les minorités de pédés comme toi ne comprennent jamais la vie". Les Pelicans - le seul club en Europe qui veuille encore de lui après ses frasques - ont condamné ses propos homophobes et le gardien a effacé son commentaire. Un peu plus tard, il a publié une autre vidéo pour dire qu'il ne se laisserait pas interdire sa liberté de penser par des "fascistes". De cette affaire, on tirera la conclusion suivante : on est content mais quelque peu étonné d'apprendre que Bartosak, connu pour plusieurs faits de violence contre sa compagne et contre son père, sait ce qu'est la vie...

 

Hämeenlinnan Pallokerho (8e) : le roi des pénalités plaide coupable... pour avoir été chargé dans le dos

C'est à cause de l'inflation à 16 équipes que la Liiga est passée depuis deux ans à des playoffs à 12 participants (imitant l'Extraliga tchèque qui est toutefois plus serrée). Une formule qui a permis à HPK d'être le dernier qualifié en playoffs mais aussi d'y passer un tour, ce qui ne lui était plus arrivé depuis son titre inattendu en 2019. Mieux encore, le club de Hämeenlinna gagne le premier match du quart de finale contre le grand favori Tappara.

C'est alors que Cameron Wright, étoile de ces playoffs pour HPK avec 7 points en 6 parties, connaît la première commotion de sa carrière après une charge contre la bande de Blichfeld qui n'a valu que 2 minutes de pénalité. Joueur le plus pénalisé du championnat, Wright a coupé court à toute polémique en... plaidant coupable pour sa propre blessure ! Il a déclaré à Italehti : "J'ai essayé de faire en sorte qu'il me charge dans le dos. Il a percuté mon numéro de maillot, et je pensais que ce serait une pénalité, ce qui a été le cas. Mais je n'avais pas prévu une blessure au cou qui m'a empêché de jouer les trois rencontres suivantes. Je dois mieux me protéger à l'avenir." Sans Wright, HPK perd les 3 rencontres suivantes et le public de Hämeenlinna ne le reverra plus. Celui qui s'est marié ce printemps à Denver avait déjà signé pour Augsbourg la saison prochaine au moment de l'incident.

Même si les supporters regrettent cet élan brisé, la saison de HPK reste une belle satisfaction. Ce groupe comptant quelques cadres d'expérience a finalement été hissé plus haut par deux jeunes, qui resteront. Le centre Sami Päivärinta, passé à 22 ans de 20 points à 48 points (autant que Wright mais avec seulement 8 minutes de pénalité), a poussé les portes de l'équipe nationale. Le gardien Kim Saarinen, seulement deuxième gardien de la Finlande au Mondial junior (derrière Rimpinen) sans jouer un match, a pourtant fini - à 19 ans ! - avec le meilleur pourcentage d'arrêts en saison régulière (91,6%)... et l'a largement amélioré en playoffs (94,4%). À suivre, ce portier drafté par le Seattle de Kraken qui continueront à le prêter l'an prochain...

 

Rauman Lukko (9e) : le retour raté du fils prodigue

Premier de la saison régulière 2025 mais frustré de médaille, Lukko était le club le mieux placé avec Ilves dans les projections d'avant-saison des médias. Sa défense avait en effet été renforcée avec les profils offensifs Jakob Stenqvist et Eric Gélinas. Et elle ne s'est même pas laissé perturber en septembre quand Nuutti Viitasalo a informé son employeur qu'il plaiderait coupable de blanchiment d'argent (pour des faits commis à 21 ans dans le cadre d'un entreprise de transport de bois) : au lieu de remettre en cause le contrat valide jusqu'en 2028 de ce défenseur, le club a largement médiatisé l'affaire dans un podcast avec l'intéressé !

La raison des pronostics favorables, c'était surtout le retour du gardien Antti Raanta. On fondait de gros espoirs sur l'enfant du pays, parti du club à 22 ans et revenu à 36 après un titre de champion (chez le rival Ässät), onze saisons de NHL et une à Genève. Malheureusement, Raanta, régulièrement blessé, a fini sous les 89% d'arrêts, et pire encore dans les comparaisons statistiques avec les buts anticipés. Sa doublure de 20 ans Daniel Salonen ne faisait guère mieux, et Lukko se faisait prêter Joni Ortio (par le Vaasan Sport) pour les play-offs. Sans plus de succès...

Après avoir manqué le top-4 d'un rien, le club de Rauma devait en effet jouer un tour de barrages contre un adversaire classé sept places et 31 points plus bas (HPK). Il avait gagné les quatre confrontations en saison régulière... et il a pourtant perdu 3 victoires à 1. Une immense déception, donc, et pas uniquement la faute du gardien. Le vétéran international Mikkel Ruohomaa, quatrième marqueur de Liiga, a fini la série avec 1 point et une fiche de -6. Le jeune ailier Alex Beaucage, auteur de 24 buts jusque là, a compté 0 but et -5... Le Québécois a toutefois été prolongé d'un an, comme Raanta qui aura une occasion de se refaire.

 

JYP Jyväskylä (10e) : buts à gogo mais portes ouvertes derrière

Passé un temps près de la faillite, frustré de play-offs depuis six ans, le JYP avait réussi à augmenter sa masse salariale de 20% (à 3 million d'euros) et à engager des pointures à leur poste : l'illustre défenseur offensif Sami Vatanen et l'entraîneur Petri Matikainen. Offensivement, la réussite fuit immédiate. Les 19 buts lors des 20 premiers matchs de Leevi Tukiainen menaient ce qui était alors la meilleure attaque avec... plus de 4 buts par match !

Le duo Leevi Tukiainen - Valtteri Ojantakanen faisait tellement trembler les filets que les coéquipiers étaient sur la voie de marquer 80 buts à deux, le record étant de 79 (Arto Javanainen et Mal Davis pour TPS en 1987/88). Ojantakanen a fini à 37 buts... mais Tukiainen s'est arrêté à 29 buts par une blessure aux deux tiers de la saison.

Malheureusement, de l'autre côté de la glace, il y avait un grand point faible, les gardiens. Oskari Salminen a joué et gagné plus souvent que son collègue et concurrent Oskari Setänen (rentré au pays après une saison franchement ratée à Rouen) mais leurs stats sont similaires à 89% d'arrêts et aucun des deux portiers ne mérite un "oscar" en dépit de leurs prénoms. Ils n'étaient pas forcément dans les meilleures conditions car l'équipe de Jyväskylä ne réussissait jamais à combler les brèches, en particulier les échappées et les 2 contre 1. Sans le fameux vétéran Sami Vatanen blessé à son tour, ni Leevi Tukiainen qui essayait vainement de revenir de convalescence au dernier match, le JYP se faisait blanchir en séries par les Pelicans.

Juste avant la saison de tous les dangers, c'est déjà bien d'être remonté au classement. Dans une ville de Jyväskylä qui se proclame elle-même "capitale des sports", même le projet de rénovation complète de la patinoire - présenté au public pour la première fois en 2014 - entre enfin en chantier. Le dernier des recours juridiques a été rejeté en mars 2025. La nouvelle enceinte de 5600 places devrait être inaugurée en 2028, et le JYP escompte bien que ce soit en ligue "A".

 

Kiekko-Espoo (11e) : Jyrki Aho n'a pas peur de perdre sa place

L'ancien entraîneur de Grenoble, Jyrki Aho, était cité par la presse finlandaise en début de saison comme le coach le plus en risque de perdre son poste (avec son collègue Sami Kapanen des Pelicans). Il ne s'en inquiétait pas, il a déjà connu cinq licenciements dans sa carrière de coach et sait que ça fait partie de la fonction. Finalement, les pronostics funestes ne se sont pas réalisés. Après l'euphorie de la promotion, la seconde saison était censée être la plus difficile, mais Kiekko Espoo est resté solidement ancré en milieu de tableau.

La raison du relatif succès est simple : Espoo avait la troisième meilleure défense de Liiga. Rentré au pays après onze saisons à l'étranger, Kristian Näkyvä a été le véritable patron de ces lignes arrières, avec un apport offensif remarquable. Il a même battu un record personnel avec 15 buts dont 1 en play-offs. Cela a étrangement permis au défenseur de finir meilleur buteur de son équipe, parce que le finisseur "Pistol Pete" Quenneville a fait l'objet d'un rare échange fin janvier avec Ilves - en fait un prêt croisé - contre un Américain qui garde un peu trop le palet (Lukas Svejkovsky).

Le développement de Petteri Rimpinen s'est poursuivi. Le meilleur gardien du Mondial junior 2025 a moins été à la fête dans l'édition suivante, mais il a maintenu sa constance en Liiga. Néanmoins, comme l'an passé, la route d'Espoo et de Rimpinen s'est achevée au tour préliminaire des play-offs par une défaite par 3 victoires à 2 (contre les Ässät cette fois). L'enjeu sera plus fort l'an prochain, entre l'accès au quart de finale et la menace accrue de la descente. Le siège d'Aho pourrait alors trembler un peu plus. Mais les dirigeants du club finlandais (le vice-président Arto Linnervuo a succédé fin octobre à Ami Rubinstein démissionnaire pour raisons personnelles) ont la réputation d'être plus patients qu'un certain Jacques Reboh...

 

IFK Helsinki (12e) : nouveau départ, nouvel échec

Les échecs du HIFK malgré son gros budget sont une constante du hockey finlandais. Cette saison devait marquer un énième nouveau départ avec une figure respectée et ancien joueur de renom du club, Olli Jokinen, comme nouvel entraîneur. La masse salariale de 3,15 millions d'euros était encore la deuxième plus élevée de Liiga. Mais le buteur Iiro Pakarinen manque le début de saison, longtemps blessé, et la principale recrue estivale Jori Lehterä le rejoint à l'infirmerie début octobre.

Leurs deux absences ne peuvent cependant pas justifier que le HIFK touche le fond : dernier le 18 novembre ! Inacceptable avec de tels moyens. Le club annonce donc se séparer de son manager Janne Pesonen, qui sera remplacé par Jussi Tapola. Ce choix ne règle pas les problèmes du moment sur la glace : le club de Helsinki perd les deux rencontres suivantes 4-0 et 8-1, l'entraîneur Olli Jokinen parle alors de manque de volonté et d'absence d'intérêt pour la défense... C'est au milieu de ce marasme que la réforme décidée à l'assemblée générale de la ligue sauve le HIFK, dernier au moment du vote : il évite le barrage de relégation, soudain annulé, puisque le championnat en cours est transformé en saison de transition.

Sans épée de Damoclès au-dessus de sa tête, le HIFK s'est amélioré. Il a fini la saison régulière en dixième position après une série de 6 victoires. Ensuite, il a été sorti seulement au cinquième match des pré-playoffs par le champion en titre. Cela reste une sous-performance, mais le HIFK fait partie de ces grands clubs qu'on n'imagine pas voir en bas de tableau la saison prochaine.

 

Turun Palloseura (13e) : altercations en tous genres

C'est aussi le cas du TPS Turku, même si cela fait trois ans qu'il lutte juste pour accéder aux play-offs. L'équipe était cette fois plus jeune et bon marché, avec comme principale recrue Aleksi Saarela, qui a dû renoncer à son contrat à Langnau pour faire son service militaire au pays.

La saison pouvait être qualifiée de moyenne... jusqu'à un incident très controversé à l'entraînement. Le capitaine Tarmo Reunanen aurait eu une altercation à l'entraînement avec un jeune joueur, et pas n'importe lequel : Aatos Koivu est le fils du patron du club Saku Koivu et neveu de l'assistant-coach Mikko Koivu ! Reunanen a été "exfiltré" pour la fin de saison vers Ajoie et la Suisse, et y partira définitivement l'an prochain à la faveur d'une clause de sortie dans son contrat.

À partir de cet instant, c'est comme tout si tout partait en cacahouète, une polémique chassant l'autre. C'est ensuite l'ancien champion du monde Veli-Matti Savinainen qui refuse de porter un maillot étiqueté "Pride" contre la discrimination des minorités sexuelles (en pratique un mince cercle arc-en-ciel entourant le logo du club) en citant ses "convictions", avec l'accord du club. Sur facebook, la députée Sofia Virta - à la fois présidente du Parti Vert finlandais et membre du conseil d'administration du TPS - "recommande la lecture" d'un article de Jatkoaika (le site finlandais de référence dans le hockey sur glace) qui critique Savinainen. Les dirigeants du club soutiennent alors leur joueur pour que cela ne soit pas perçu comme un désaveu officiel. In fine, après un échange personnel avec Savinainen "dans un bon esprit" (selon le communiqué du club), Sofia Virta démissionne pour ne pas "compromettre ses valeurs" et le club la remercie pour les trois années de collaboration et son "expertise dans le travail avec les jeunes". Le public s'exprime en élisant systématiquement Savinainen comme meilleur joueur lors des trois dernières rencontres à domicile, sans que l'attaquant vétéran ait particulièrement brillé sur la glace (1 assist).

Mais ce qui achève le club, c'est le geste d'Oliver Lauridsen qui arrive lancé pour charger en pleine tête un joueur au duel dans la bande. Une mise en échec décrite comme la pire agression jamais vue en Liiga dans ce siècle par les commentateurs de télévision. Elle survient à l'avant-dernier match à domicile, et le TPS, qui mène 2-0, perd 2-5 contre les Ässät. Il perd aussi le match suivant. Cet effondrement tardif - avec 1 victoire sur les 8 dernières rencontres - lui fait rater les playoffs, ce qui ne lui était plus arrivé depuis 11 ans. Bousculé dans ses valeurs et en déroute sportive, le TPS doit se reprendre avant la saison de tous les dangers.

 

Oulun Kärpät (14e) : la cocotte-minute

Le troisième gros club qui n'est normalement pas à sa place, ce sont les Kärpät... Le statut de puissance du hockey finlandais semble pourtant construit pour durer. En octobre dernier, le consortium "Raksila 2.0", formé des entreprises SRV (qui a construit la Nokia Arena de Tampere) et Trevian (qui a racheté la patinoire de Helsinki), a été choisi pour mener le projet de "Oulu Experience Arena" qui doit remplacer la Raksila, la patinoire des Kärpät depuis 1974. La ville d'Oulu met 50 millions d'euros dans ce bâtiment dont elle détiendra 43% et qui doit ouvrir ses portes en 2030, avec 8740 places pour le hockey sur glace, et 3000 de plus pour les concerts.

Les Kärpät peuvent donc se projeter dans un bel avenir en même temps qu'ils célèbrent le passé. Ils fêtent leurs 80 ans en 2026 avec l'ouverture d'une galerie photo des héros, un "Wall of Fame" avec 13 personnalités dont Kari Jalonen, et des festivités qui doivent se couronner par un match en plein air. Mais l'ambiance n'est pas à la fête. Les résultats sont indignes de la troisième masse salariale du championnat. L'embauche "prémonitoire" de l'entraîneur Petri Karjalainen (devenu champion avec KalPa après avoir décidé de revenir chez lui à Oulu) n'a peut-être pas été une si bonne affaire que ça. Un transfert a agacé : Ben Tardif, auteur de bons débuts avec 10 buts en 20 matchs, a été cédé pour 100 000 euros à Luleå à la trêve de novembre.

Au moins les Kärpät ont-ils joué le jeu jusqu'à la fin. Ils n'ont pas vendu leurs joueurs mais ont recruté le défenseur ex-NHL Jani Hakanpää car ils visaient encore les préplayoffs. En vain. Avoir fini 13e puis 14e avec de tels moyens : impensable. Une lettre ouverte des joueurs a réclamé de la patience, non pas pour la fin de saison mais pour les années à venir (!), mais elle a eu l'effet inverse : elle a tendu les supporters qui avaient l'impression qu'elle n'a pas écrite par l'équipe mais par la direction du club. De fait, le manager Kimmo Kapanen a décrit Oulu comme une cocotte-minute car la colère bout dans le public.

 

Mikkelin Jukurit (15e) : le prodige de la Lettonie en sauveur ?

Les Jukurit sont un peu devenus le club des Français. Justin Addamo a été rejoint fin décembre par un autre international, Louis Boudon, qui mettait plus d'un point par match en ECHL et qui est revenu en Europe avant les Jeux olympiques. Et il faut leur ajouter le second gardien franco-finlandais Mathieu Herpin. Mais la dernière saison du contrat de Boudon (2027/28) se jouera-t-elle en Liiga A ?

Avec l'annulation de la relégation pour cette année, les Jukurit ont utilisé les bonnes vieilles méthodes des clubs finlandais de bas de tableau : prêter tous leurs meilleurs joueurs en janvier ou février pour économiser des salaires. L'international norvégien Thomas Olsen - meilleur buteur du club avec ses 14 buts - est devenu l'étranger surnuméraire de Viège. Connor Ford a été prêté au Lukko et Justin Addamo - le chanceux - au Tappara. Ces trois-là reviendront l'an prochain... mais pas le meilleur défenseur Juuso Arola, lui aussi prêté à un champion (Fribourg-Gottéron) mais qui ira ensuite au JYP.

La saison-clé avant la réduction de l'élite s'annonce donc très difficile. Le capitaine Jesper Piitulainen va partir pour KalPa après dix ans au club. Dans les deux derniers depuis deux ans, financièrement à la limite, les Jukurit sont théoriquement destinés à être reversés en ligue B. Leur espoir se nomme Alberts Smits, qui a fini deuxième au classement de meilleur rookie. Ce très jeune défenseur letton s'est aussi imposé dans la défense de Munich en fin de saison, mais c'est bien à Mikkeli que les Rangers de New York le prêteront. Ils l'ont choisi très haut à la draft NHL, en position numéro 5, la plus haute de l'histoire pour un Letton. Son intelligence de jeu exceptionnelle et sa puissance physique seront précieuses pour les Jukurit qui lui accorderont sûrement un gros temps de jeu.

 

Vaasan Sport (16e) : trois mois de sacrifice et d'oubli avant la saison de la peur

Après le départ du MVP Atro Leppänen, tout indiquait que Sport risquait de jouer le barrage de maintien. Le budget était faible, l'effectif aussi. Le début de saison confirmait ces craintes. Le 14 octobre, Juuso Hahl, qui faisait sa cinquième saison sur le banc et la deuxième comme entraîneur-chef, était renvoyé. Le défi de son remplaçant canadien Doug Shedden était alors d'éviter la relégation... jusqu'à ce que le danger soit écarté par le grand changement de formule. Nous étions fin novembre et c'est comme si la saison était finie

Les dirigeants lui ayant sincèrement expliqué qu'ils allaient sacrifier la fin de saison et faire des économies, l'entraîneur Doug Shedden a décidé de s'en aller (à Bolzano) en décembre. L'assistant Jussi Tapio se charge de finir un championnat déjà abandonné. Un communiqué du club déclare "officiellement" la saison ratée, et confirme que l'on mise tout sur la saison prochaine, plus importante de l'histoire.

En janvier, Vaasa laisse partir 7 joueurs, dont Philip Granath sous contrat pour 2026/27 mais qu'on laisse rentrer provisoirement dans son club norvégien Frisk Asker qui a encore un objectif. Charles Bertrand, blessé aux Jeux olympiques, ne reviendra que la saison prochaine après une opération. Largué sans espoir, le club finit par une triste série de 20 défaites avec un effectif diminué. Pourra-t-il vraiment rebondir après l'été ?

 

Promus de Mestis : Jokerit Helsinki et - pas - Ketterä Imatra

L'annonce un peu paradoxale de l'élargissement de la Liiga de 16 à 18 clubs en 2026/27, avant une forte réduction à 14 clubs en 2027/28, laissait peu de place au doute. Les prestigieux Jokerit Helsinki pourraient enfin faire leur retour dans une ligue qu'ils avaient abandonnée pour l'aventure KHL. Admis en tant que champions 2025 de Mestis, ils voyaient logiquement leur dossier validé. Ils étaient le dix-septième club, le dix-huitième devant être le champion de Mestis... ou le finaliste si les Jokerit remportaient encore le titre, ce qui fut le cas.

A contrario de l'équipe de la capitale, le vice-champion Ketterä paraissait tout sauf taillé pour le niveau supérieur, il avait presque tous les arguments contre lui. Le budget du club qui vient de passer neuf saisons en Mestis oscille entre 600 000 et 700 000 euros, il en faudrait 5 fois plus en Liiga ! En plus, Imatra, ville frontalière de la Russie, est totalement sinistrée économiquement par la fermeture de la frontière. Et pour ne rien arranger, la patinoire peut contenir à peine 1300 spectateurs alors que le règlement de la Liiga prévoit 4000 places dont 2500 assises. Mais sur ce point, une dérogation est possible pendant deux ans. Le président Mikko Partanen présente un plan d'agrandissement d'ici 2028 et se dit donc convaincu malgré tout que son club jouera en Liiga.

Sans grande surprise, le Comité des licences (devenu indépendant de la ligue comme on l'a rappelé en introduction) n'a pas été du même avis. Il relève plusieurs défauts de trésorerie sur les 12 derniers mois. Il ne voit aucune preuve de financement de l'extension de la patinoire, et précise que le déplacement proposé de 8 rencontres à domicile vers la ville proche de Lappeenranta ne constitue pas une exemption prévue par les textes.

Le Comité prend toutefois le soin de préciser que ce refus ne présage en rien des futures décisions puisque les critères pour obtenir une licence vont changer. En particulier, en 2028, le champion de ligue B sera directement promu en ligue A par son seul mérite sportif, et il ne devrait plus avoir de capacité minimale. Dans l'immédiat, la non-inclusion de Ketterä signifie qu'il y aura "seulement" 17 clubs dans la prochaine Liiga, et "seulement" 3 relégués. Cela ne rassure pas les protagonistes (on voit mal comment Ketterä aurait fait pour ne pas redescendre immédiatement de toute manière). Après les multiples rebondissements des deux dernières saisons un peu folles, peu de clubs peuvent vraiment se dire sereins de ne pas finir dans les trois derniers...

 

Marc Branchu

 

 

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