Frölunda

Chapitre VII - La construction d'un grand d'Europe

 

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Un président et un club arrogants ?

Le conseil d'administration choisit en octobre 2011 comme nouveau président un homme qui a fait ses preuves dans un sport moins pris de folie des grandeurs : Mats Grauers a été quatre fois champion de Suède en 11 ans de présidence du club de handball IK Sävehof, établi à Partille (commune de banlieue de Göteborg dont Grauers était aussi conseiller municipal). Il découvre une trésorerie à sec qui mène tout droit à la faillite. Sa première action d'urgence est de négocier un prêt de 20 millions de couronnes (2 millions d'euros) avec la ville de Göteborg - la propriétaire du Scandinavium - pour pouvoir simplement faire face aux dépenses courantes.

Dans les premiers temps, Mats Grauers est considéré avec une certaine condescendance ou méfiance. Qu'un président vienne toper dans la main des joueurs quand ils sortent de la glace ulcère par exemple les commentateurs de la télévision suédoise. Son consultant Leif Boork - qui n'est autre que l'ancien entraîneur de Frölunda vingt ans plus tôt - y dénonce une manière grandiloquente de se mettre en avant, ce qui est un comportement selon lui inapproprié dans une ville comme Göteborg. Grauers n'imaginait pas de telles réactions, car il faisait pareil à chaque match au handball sans que personne ne lui en tienne rigueur.

Grauers n'a pourtant rien d'un mégalo, il a les pieds sur terre. Un des dossiers chauds dont il hérite est le devenir de Hub, une association de six clubs (Frölunda, HV 71, Linköping, Djurgården, Modo et Luleå) fondée en 2009 pour explorer une possibilité de ligue européenne. Les quatre premiers clubs cités et Färjestad avaient même refusé de renouveler le pacte d'actionnaires de l'Elitserien, déclenchant la peur des autres clubs que leurs confrères ne détruisent la ligue suédoise en faisant cavaliers seuls. Arrivé en fonction en 2011, Grauers calme le jeu : "L'idée était de concurrencer la NHL et la KHL, mais ce n'est pas réaliste et pous sommes d'accord là-dessus à Hub. Frölunda ne peut pas et ne doit pas quitter l'Elitserien, mais nous voyons du potentiel dans l'European Trophy", qui est un tournoi organisé par les clubs pour constituer un embryon de retour à une compétition européenne. Pour l'instant, les Indians n'y dépassent pas les quarts de finale, pas plus qu'en championnat, une disette qui dure quatre ans de 2010 à 2013.

La situation ne s'éclaircit donc pas tout de suite. Frölunda perd encore 20 millions de couronnes à l'issue de l'exercice 2011-2012. En janvier 2012, Grauers, pensant pouvoir prendre du recul dans un rôle de président plus superviseur, avait présenté un nouveau directeur, Anders Larqvist, censé prendre à partir de mai toute la responsabilité opérationnelle. Celui-ci ne restera qu'un an et demi. Tout simplement, Grauers cherche ses hommes de confiance et ne les a pas encore trouvés.

Les saisons de reconstruction :
- présentation et résultats commentés 2011/12
- présentation et résultats commentés 2012/13.

Les hommes de confiance

L'entraîneur idéal selon Mats Grauers (à gauche sur la photo), c'est un homme capable à la fois de travailler avec des jeunes et de savoir gagner. Le portrait-robot correspond à Roger Rönnberg (à droite sur la photo), qui vient de conduire la Suède à son premier titre de championne du monde junior depuis plus de 30 ans... et qui rejette d'abord toute proposition d'un club qu'il perçoit comme arragant. Grauers le rencontre dans un restaurant au printemps 2012 et le courant passe immédiatement entre les deux hommes. Il faut juste attendre l'expiration de son contrat avec la fédération nationale. L'engagement de Rönnberg fuite dans la presse (Göteborgs-Tidningen) le 19 septembre 2012.

Prévenu des contacts dès le dîner - donc avec un an d'avance - l'entraîneur Kenta Johansson sait déjà que son contrat ne sera pas renouvelé en 2013 après avoir vécu trois années de vaches maigres. Son adjoint Christian Lechtaler est en revanche promu directeur sportif. Grauers est intéressé par le profil de ce natif de Göteborg, pas uniquement pour son passé sportif constitué de sept petites apparitions en senior sous le maillot de Frölunda en 1990/91 et de deux saisons en élite avec Björklöven (et une saison en France à Amiens en 2001/02) mais aussi par ses compétences financières acquise dans une banque (SEB) et à la Globen Arena.

Cette promotion signifie qu'il n'y a plus de place pour Christer Kellgren. Même s'il avait les cheveux de plus en plus blancs et de moins en moins longs, l'ancien modèle d'Andy Warhol était toujours depuis 35 ans une figure du club. Manager puis "directeur du développement" depuis cinq ans, Kellgren ne vivait pas sur ses acquis et était encore capable de belles trouvailles, la dernière en date étant le gardien Frederik Andersen, déniché au Danemark et crédité d'excellentes statistiques pendant un an à Göteborg... avant de très vite filer en direction de la NHL. On propose à Kellgren de le recaser comme directeur du développement... des juniors, un poste qu'il ne considère pas assez stimulant. En janvier 2013, après 35 ans passés au club, il est donc viré avec trois autres employés de longue date, ce qui coûte 4 millions de couronnes d'indemnités au passage.

Le dernier élément de la réorganisation se nomme Fredrik Sjöström. Le produit du club raccroche les patins à 30 ans pour devenir recruteur, puis assistant de Lechtaler, auquel il succèdera comme manager quand ce dernier deviendra directeur général au milieu de saison 2015/16. À ce moment, Grauers sera enfin un président satisfait, qui a pu déléguer à des hommes de confiance.

En l'espace de deux ans, tous les dirigeants auront donc changé... sauf un : Pär Edlund (photo de droite), préparateur physique quasiment à vie depuis sa retraite de hockeyeur en 2001 (après déjà onze ans à jouer sous maillot de Frölunda). Physiquement impressionnant, Edlund a toujours dit que lorsqu'il ne sera plus capable de soulever les barres ou de faire les mêmes exercices qu'il demande aux joueurs, il se retirera. Ce jour n'est pas près d'arriver...

Roger Rönnberg imprime très vite sa patte sur la glace. L'ancien sélectionneur des moins de 20 ans suédois a vite noué contact avec des espoirs. 6 des 9 défenseurs sont âgés de 21 ans ou moins (dont la pépite John Klingberg prêtée par les Dallas Stars par confiance en Rönnberg), l'éternel Christian Bäckman est le seul trentenaire. Le manque d'expérience est compensé par une intelligence de jeu déjà présente et un fort patinage. Les principes de Rönnberg sont déjà appliqués : changements de lignes fréquents, patinage maximal, conquête de la possession du palet, jeu direct au but, présence devant la cage. Rien de révolutionnaire, mais ces préceptes usuels du hockey moderne collent bien avec le pari de miser sur des jeunes, qui adhèrent tout de suite. La plus jeune équipe du championnat 2013/14 commence fort, le buteur de 18 ans Andreas Johnsson se révèle. Frölunda revient en force, termine deuxième de saison régulière, même si le manque d'expérience est éliminatoire en play-offs.

L'Europe en tremplin vers la victoire

Un autre dirigeant va jouer un rôle - indirect mais important - dans le retour au premier plan de Frölunda. Il connaît le club comme sa poche, et pourtant il n'y a jamais eu de fonctions officielles ! Qui se cache donc derrière cette énigme ? Szymon Szemberg. Récemment diplômé en langue et littérature anglo-américaines à l'université de Göteborg en 1978, le jeune Szemberg devient journaliste sportif pour le Göteborgs-Posten en 1980. Il couvre à la fois le basketball - sport qu'il pratique - et le hockey sur glace, sport majeur local. Sa pratique de l'anglais et sa connaissance du hockey lui permettent de devenir directeur de la communication de l'IIHF de 2001 à 2014. C'est en cadre qu'au forum international du hockey sur glace de Barcelone en juin 2012, il obtient la confiance des clubs pour mener un nouveau projet : relancer une Ligue des Champions de hockey sur glace. La dernière tentative n'a duré qu'un an en 2009 après le retrait du sponsor Gazprom qui suivait ses propres intérêts (ceux de la géopolitique russe et de la KHL).

Szemberg mène pourtant le projet à bout en faisant participer 26 clubs actionnaires qui obtiennent en échange une place assurée pour les premières éditions. Ce mélange entre invitations et mérite sportif ne contribue pas à crédibiliser la compétition, mais il faut en passer par là pour la mettre sur pied en dépit des antécédents négatifs. Lorsque Frölunda perd son premier match de CHL à Genève puis obtient sa première victoire sur la glace de Briançon, rien n'indique que c'est le début d'une success story. Et pourtant...

Battus en finale de l'édition 2015 par Luleå en se faisant renverser en troisième période, les Indians remportent le titre européen en 2016, 2017, 2019 et 2020. Cette année-là, le capitaine Joel Lundqvist, qui s'est adapté au système de Rönnberg pourtant éloigné de son style, atteint le cap des 1000 rencontres sous les couleurs de Frölunda, lors de la demi-finale retour contre Luleå, au cours de laquelle il met 1 but et 1 assist. Nous sommes un soir de Saint-Valentin et l'histoire d'amour est en train de prendre avec la compétition européenne. Le problème est que c'est presque trop facile. Quatre victoires et cinq finales en six éditions ! Frölunda a une réussite presque insolente, et cela ne permet pas de crédibiliser la CHL aux yeux des Suédois, qui voient leurs clubs gagner à chaque fois durant ces premières années, ce qui les renforce dans un certain dédain envers la concurrence européenne.

Ce qui a de la valeur, en Suède, c'est le trophée Le Mat, remis au champion national. Les Indians se parent de nouveau des casques d'or en 2016. Même la commotion cérébrale du gardien titulaire Lars Johansson en demi-finale contre Luleå ne les arrête pas, car sa jeune doublure Johan Gustafsson le remplace avec brio. L'attaque fait preuve d'une efficacité insolente à l'image d'Artturi Lehkonen qui bat le record de points en play-offs appartenant... à l'idole locale Daniel Alfredsson en 2005. Le jeune Finlandais part aussi sec chez les Canadiens de Montréal. De nos jours, les hockeyeurs suédois (et finlandais) partent de plus en plus massivement en Amérique du nord et les effectifs sont moins stables. Mais paradoxalement, la vedette est ...américaine : le pur joueur offensif Ryan Lasch qui remet ça lors du titre 2019, avec de nouveau 19 points en play-offs, en plus de ses deux titres de MVP en CHL.

Les saisons du retour au sommet :
- présentation et résultats commentés 2013/14
- présentation et résultats commentés 2014/15
- présentation et résultats commentés 2015/16
- présentation et résultats commentés 2006/17
- présentation et résultats commentés 2017/18
- présentation et résultats commentés 2018/19
- présentation et résultats commentés 2019/20.

Le logo, du drame au consensus

La pandémie de COVID en mars 2020 et les restrictions sanitaires obligeant à jouer à huis clos sont évidemment des nouvelles fâcheuses pour le club qui a toujours la meilleure affluence de Suède. Mais la principale épreuve que subit Frölunda à cette époque est un changement d'habillage douloureux. Tout débute en 2015 quand le médiateur suédois pour les discriminations est saisi par un plaignant qui juge offensants le nom et le logo des "Indians". La première réaction est l'étonnement et l'incompréhension. "L'agence publicitaire qui a créé le logo [en 1995] était en contact avec des Amérindiens pour discuter du logo et ils n'avaient pas d'objection à l'époque", déclare l'attaché de presse du club Peter Pettersson Kymmer à Sveriges Radio. Quand on lui demande s'il est prévu de changer le nom ou le logo, il ajoute : "La réponse est non, mais je ne peux pas dire ce qui se passera dans 10, 20 ou 30 ans.

Il n'y aura pas besoin d'attendre si longtemps. 5 ans plus tard, en octobre 2020, Frölunda annonce renoncer sous deux ans aux "Indians" et fait un appel au public pour l'aider à se rhabiller. Toute idée est la bienvenue, tel est le message diffusé alors. La surprise est donc totale quand, en février 2022, le club dévoile un nouveau logo commandé à une entreprise de communication, sans avoir consulté personne en dehors du bureau ! C'est un désastre : il y a d'abord des accusations de plagiat, puis certains fans voient entre ces deux "F" une réminiscence de croix gammée. Frölunda n'a pas abandonné une imagerie indienne vexatoire pour se faire traiter de nazis ! Ce logo suscite tellement de haine que les membres du bureau et même certains de leurs proces reçoivent des menaces de mort !

Plus encore que le résultat, c'est la manière qui a choqué, alors qu'une consultation plus ouverte voire démocratique avait été annoncée. Les fans diffusent alors la suggestion de Daniel Ekelund et son entreprise appelée Visla Graphic, émise en réponse à l'appel de 2020, et ils y adhèrent massivement. Un consensus naît autour de ce logo, avec pour seul regret ces initiales FHC car les supporters restent attachés au nom Västra Frölunda abandonné au tournant du siècle (ils scandent encore les initiales "VF" en tribunes alors qu'on ne les a jamais entendu chanter "Indians"). Les débats ont pris une tournure si aigre qu'Ekelund est mal à l'aise à ce que son logo soit utilisé comme arme contre le club.

Comment se sortir de ce pétrin. Mats Grauers fait machine arrière toute : "Nous ne nous cachons pas derrière le plagiat, les croix gammées et les menaces, nous disons que les membres et les fans auraient dû être inclus. Il y a d'autres éléments en jeu, mais nous ne nous cachons pas derrière ça. Les membres ont clairement montré qu'ils voulaient plus de participation. Nous l'avons mal jugé." Ce mea culpa lui vaut... une approbation générale. Grauers est qualifié de grand président avec un vrai leadership, capable prendre la responsabilité d'une erreur.

In fine un consensus est atteint autour d'un logo qui reprend un seul code de Visla Graphic, celui auquel les fans tenaient le plus, les bandes vertes et blanches. Le logo final reprend les deux F aux extrémités du V qui formaient le symbole originel de Västra Frölunda et font un bel hommage à l'histoire du club. La parenthèse folklorique des Indians a été oubliée sans regret. D'une immense crise de confiance, Frölunda en a fait une force et a réuni toute sa communauté.

Les femmes aussi

Toute sa communauté, vraiment ? Il reste encore la moitié de la population à laquelle Frölunda ne s'adresse pas totalement : il n'a pas de section féminine. Pour la monter, les dirigeants du club font appel à Kim Martin. Pourquoi elle ? Certes, l'ancienne gardienne est sans doute la hockeyeuse la plus connue de Suède, puisque ses exploits ont amené une médaille d'argent olympique en 2006, mais elle n'a jamais eu aucun lien direct avec Frölunda. Sauf que son grand frère Kristoffer Martin (qui finissait sa propre carrière de gardien à Gap quand sa sœur devenait l'héroïne du tournoi olympique féminin de Turin) est l'entraîneur des gardiens de l'équipe masculine depuis l'arrivée de Roger Rönnberg ! Voiloir embaucher aussi Kim fait donc sens.

Lorsqu'elle appelée pour la première fois en 2020, Kim Martin Hansson est à la fois enceinte et occupée par les travaux de sa maison. On comprend qu'elle ne donne pas suite. Lors du second appel un an plus tard, elle prend le temps de se laisser séduire par un projet intéressant qui inclut aussi la formation de jeunes hockeyeuses de la région. Son accord accélère le projet : le 11 octobre 2021, Frölunda annonce qu'une équipe féminine sera créée la saison suivante avec Martin comme directrice sportive. Un mois plus tard, l'entraîneuse est annoncée : Erika Holst, première femme intronisée au Hall of Fame du hockey suédois, née à Varberg à 50 km au sud de Göteborg. Frölunda ne fait pas les choses à moitié et prend les meilleures. Il recrute ensuite la star mondiale dano-finlandaise Michelle Karvinen, tirant profit d'une coïncidence heureuse puisque la petite amie de celle-ci habite Göteborg. Avec autant de compétences et de moyens, le succès est presque une évidence, même si c'est dommage pour les autres clubs qui soutiennent le hockey féminin depuis bien plus longtemps. Le parcours de l'équipe féminine est impressionnant : promue en élite dès sa première saison 2023, demi-finaliste en 2024, championne en 2025 avec une constellation d'étoiles internationales.

Pas de titre masculin, en revanche, pendant les cinq dernières années de l'ère Roger Rönnberg. Ce dernier en est presque le plus marri. C'est d'ailleurs parce qu'il ne trouve qu'il ne dévelooppe plus l'équipe qu'il envisage de partir. Lui et Frölunda actent leur séparation programmée à l'automne 2023, avec presque deux ans d'avance sur la date programmée de 2025. La nouvelle est vite ébruitée, la rumeur l'envoie à Zurich (il est en fait en train de signer avec Fribourg-Gottéron). Rönnberg a évidemment marqué l'histoire du club, et pas seulement par ses emportements soudains et ses émotions qu'il peine à contrôler. Aucun entraîneur n'a dirigé autant de matches en Elitserien/SHL, et il y est parvenu en ne connaissant que deux clubs, Luleå (chez lui) puis Frölunda. Douze années au même endroit en tant que coach, c'est extrêmement rare dans le sport moderne, et c'est de loin un record dans l'histoire du club.

Les cinq dernières années de Roger Rönnberg :
- présentation et résultats commentés 2020/21
- présentation et résultats commentés 2021/22
- présentation et résultats commentés 2022/23
- présentation et résultats commentés 2023/24
- présentation et résultats commentés 2024/25

Le nouvel entraîneur choisi est Robert Ohlsson, viré de Skellefteå quelques mois après avoir conquis le titre 2024. Il arrive avec une bonne réputation et doit améliorer le jeu avec le palet en amenant plus de rythme à l'offensive, sans négliger la défense. En six mois, le premier objectif est déjà atteint : la reconquête du titre de champion d'Europe, dans un Scandinavium comble, pour une revanche de la défaite lors de l'édition initiale contre Luleå. Tout frais recordman des rencontres jouées en CHL, Niklas Lasu est encore présent à 36 ans pour ouvrir le score et c'est Jere Innala qui marque le but gagnant en prolongation. Le chouchou du public Max Friberg est élu MVP de la compétition.

Ohlsson est aussi connu pour développer des jeunes et il est aussi là pour couver un espoir de portée mondiale, Ivar Stenberg, né et formé à Stenungsund (à 50 km au nord de Göteborg) et qui a suivi son frère Otto en rejoignant Frölunda juste avant ses 14 ans.

Avec Robert Ohlsson :
- présentation 2025/26.

Marc Branchu

 

 

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