Présentation des Jeux Olympiques de Milan 2026
Il y a quatre ans, juste après les Jeux olympiques à Pékin, la Russie envahissait l'Ukraine. Depuis cette date, le monde a irrémédiablement changé et n'a jamais paru aussi instable depuis des générations. La trêve olympique paraît devenue un principe aussi suranné que le droit international ou les droits de l'Homme. La planète semble (re)devenue un jouet pour dictateur comme dans un film de Chaplin.
Dans une telle incertitude, le Comité International Olympique (CIO) a attendu le dernier moment pour confirmer l'évidence : "par définition, un groupe d'athlètes neutres individuels ne peut pas être considéré comme une équipe". Le retour à titre individuel des sportifs russes, souhaité par la nouvelle présidente du CIO Kirsty Coventry, ne change donc pas la situation dans les sports collectifs : "Le Comité olympique russe a été disqualifié parce qu'il a pris le contrôle d'organisations sportives régionales qui sont sur le territoire du Comité Olympique ukrainien. C'est une violation de la Charte olympique."
Cette décision prise il y a huit mois et demi a permis le repêchage attendu des équipes de France (masculine et féminine) et validé la composition des groupes. Tout était prêt pour un tournoi de très haut niveau avec le retour des joueurs de NHL. Tout ? Non. Un autre sujet d'inquiétude a occupé l'actualité, mais il ne date vraiment pas d'hier : la patinoire du "Palaitalia Santa Giulia", dans un quartier en début de construction en périphérie de Milan, loin de toutes commodités. Le président de l'IIHF Luc Tardif avait déjà poussé un coup de gueule parce que rien n'était prêt trois ans avant.
Ce projet à 250 millions d'euros conçu par l'architecte-star britannique David Chipperfield a tout simplement été lancé trop tard. Le chantier a été trop contraint. Pour preuve, les fondations ont été coulées à l'été 2023... avant même d'avoir obtenu le permis de construire ! Tellement en retard que, lors de la pose officielle de la première pierre en novembre 2023, le Maire de Milan (Giuseppe Sala) se montrait prudent : "Elle doit être prête en 2025, et selon ce que nous savons, je suis confiant que nous pourrions le faire. Je comprends la prudence face à l'emploi du conditionnel, mais j'aimerais bien m'exprimer de manière plus catégorique. En fin de compte les travaux se sont toujours heurtés aux coûts qui ont souvent dépassé les prévisions initiales."
La deuxième patinoire était tout autant incertaine. Le PalaSharp fermé en 2011 ne sera jamais rouvert à la grande détresse des supporters milanais, une solution de repli en dehors de Milan était exclue. On a donc utilisé un des pavillons existants de l'exposition universelle 2015, sans cube vidéo car le toit est trop bas mais avec des écrans géants. Ce site de Milano Rho n'a posé aucun problème, et a remplacé celui de Santa Giulia pour le Mondial de Division IB des moins de 20 ans, attribué à l'Italie pour servir d'évènement-test en décembre.
Les problèmes ont été amplifiés médiatiquement par la NHL qui poursuit un intérêt stratégique : mettre en place son ordre mondial qu'elle dirigerait seule sans le CIO et sans l'IIHF... exactement comme Donald Trump sans l'ONU ou toute autre organisation internationale ! Rien n'est trop bon pour affaiblir les Jeux olympiques et promouvoir ainsi "sa" Coupe du monde auto-organisée qu'elle veut installer en février tous les quatre ans. Elle a donc créé des sujets de discorde qui n'en étaient pas, dont une glace soi-disant trop petite, une polémique complaisamment relayée par tous les médias sans la moindre vérification à trois mois du début des JO. Quand l'IIHF a décidé que les JO se joueraient sur une glace de taille NHL, cela signifie 60 mètres sur 26 (au lieu de 30 de large) et c'est clairement défini dans tous les documents. Seulement, comme les Nord-Américains utilisent leurs vieilles mesures impériales et non le système métrique, la NHL établit sa glace en pieds (200 x 85, soit environ 60,9 x 26,1 m). Toutes les patinoires en Europe font de 30 mètres, y compris celles que la NHL a utilisé à Stockholm pour des rencontres officielles de sa saison régulière en novembre, sans que personne ne remarque la moindre différence. Le seul vrai sujet, très technique, est le soin apporté à la régularité des coins.
La caisse de résonance des fausses nouvelles et pseudo-nouvelles est telle que la NHL a fait croire qu'elle pourrait ne plus libérer ses joueurs "pour raisons de sécurité" et que beaucoup de Nord-Américains ont discuté le plus sérieusement du monde d'une re-localisation du tournoi qui n'avait aucun sens. Non, les Italiens ne mesuraient pas forcément toutes les attentes autour d'un tel projet, mais le chantier était comme toujours supervisé par des observateurs aguerris qui en ont sué pour les recadrer. Cela n'a rien de nouveau et c'était déjà le cas à Turin en 2006. En 2014 à Sotchi, les bâtiments avaient été réceptionnés une semaine avant le début de la compétition. Comme souvent, les travaux s'achèvent en coulisses derrière des bâches et les Jeux commencent dans les cartons.
Si Luc Tardif s'est dit un peu déçu par la capacité finale de 11 800 places ouvertes au public, ce n'est que lorsqu'elles seront remplies que la ventilation et la climatisation pourront vraiment être testées en conditions réelles. C'est à ce moment que l'état de la glace sera vraiment jaugé. Les spectateurs étaient bien moins nombreux pour la Coppa Italia qui a servi de test final les 9 et 10 janvier (un journaliste nord-américain évoquant un "trou géant"... pour un léger problème de surfaçage). On attendra donc de connaître la qualité de la glace, qui est l'essentiel pour le déroulement du jeu, et pour se régaler comme on le devrait compte tenu de la qualité des équipes. On attendra aussi de voir comment se dérouleront les transports, qui s'annoncent compliqués avec deux patinoires situées dans des directions opposées de la métropole milanaise.
Groupe A : Canada, Tchéquie, Suisse, France.
Groupe B : Finlande, Suède, Slovaquie, Italie.
Groupe C : États-Unis, Allemagne, Lettonie, Danemark.
Groupe A
Canada : les meilleurs du monde... sauf dans les cages ?
Dès lors que tous ses joueurs de NHL sont disponibles, le Canada tient plus que tout à démontrer sa suprématie et son statut incontesté de pays du hockey. Dans cette configuration "best-on-best", il a gagné les quatre dernières échéances (deux tournois olympiques plus une Coupe du monde et un "4 nations" à la sauce NHL). Il n'a plus été défait depuis vingt ans et son cuisant échec... en Italie justement, à Turin. L'équipe à la feuille d'érable réunit le meilleur joueur des vingt dernières années (Sidney Crosby et son expérience des grands rendez-vous) et les deux actuels meilleurs joueurs du monde (Connor McDavid et Nathan MacKinnon qui pensent et exécutent le hockey plus vite que les autres).
Tous les voyants sont au vert. Il y a tellement de talent qu'il est très dur pour les jeunes de s'implanter, d'autant qu'aucun joueur significatif blessé ou en méforme. Les deux joueurs présentés comme les talents générationnels des quinze prochaines années - Connor Bedard en attaque et Matthew Schaefer en défense - verront les Jeux olympiques à la télévision, comme Crosby en 2006. Et pourtant, Macklin Celebrini, encore junior mais troisième marqueur de NHL derrière MacKinnon et McDavid, montre que l'âge n'est plus totalement un barrage.
Si amer d'avoir été privé de JO par le renoncement de la NHL il y a quatre ans, Jon Cooper vivra cette fois ce rêve olympique qui ne va pas sans énorme pression de tout un pays. C'est d'autant plus vrai que le coach de Tampa Bay a été impliqué dans le processus de sélection comme aucun autre avant lui, de l'aveu même du directeur général Doug Armstrong. Il dispose d'une grande diversité d'atouts sur ses lignes offensives : des ailiers capables de gagner la possession le long des bandes dans les trois zones (Stone, Reinhart et Marner), Bo Horvat pour les mises au jeu, et jusqu'à un Brad Marchand vu comme un quatorzième attaquant précieux dans le vestiaire. L'impact physique sera très fort : Tom Wilson avait été choisi pour ce rôle plutôt que Sam Bennett, ils seront finalement là tous les deux ! Leur présence intimidante devrait contrer la menace physique des États-Unis. Les défenseurs, eux, sont tous à la fois mobiles, physiques et capables de jouer dans les deux sens.
La sélection canadienne ne comprend aucun Québécois et pourtant personne ne crie à la discrimination car la triste réalisé est qu'aucun d'eux n'aurait mérité d'y être. Ils se consoleront en soutenant Nick Suzuki, un des derniers noms sur lequel s'est mis d'accord en décembre grâce à ses performances offensives et défensives avec Montréal, même s'il a toujours snobé les championnats du monde. Mais cette absence de la Belle Province a une cause majeure : elle produisait les meilleurs gardiens du pays voire du monde... et la perte de cette école laisse un grand vide.
Le poste où le Canada sait qu'il ne domine vraiment plus depuis une décennie, c'est en effet devant la cage. Il n'y a plus de nom indiscutable. Les gardiens ont de plus en plus de mal à maintenir un niveau de performance constant sur une longue période en NHL, et les Canadiens peuvent se consoler en remarquant que cela devient aussi valable pour les autres nationalités. Le choix des trois noms n'a pas posé question car les alternatives ont disparu d'elles-mêmes. Adin Hill s'est blessé aux adducteurs en octobre, Samuel Montembeault a connu un début de saison catastrophique à Montréal et a même été envoyé un temps en AHL. Il ne fait aucun doute que Logan Thompson et Darcy Kuemper sont les plus performants en NHL depuis un an et demi. Jordan Binnington en est loin (90% l'an passé, 87% cette année) mais il a été le titulaire inamovible de l'année 2025 et avait retourné l'opinion aux 4 nations en étant décisif aux moments-clés. Le problème est de savoir qui s'imposera en numéro 1 dans un tournoi si court qu'il laisse peu de place aux tests.
Gardiens : 35 Darcy Kuemper (35 ans, Los Angeles Kings, NHL), 48 Logan Thompson (28 ans, Washington Capitals, NHL), 50 Jordan Binnington (32 ans, St. Louis Blues, NHL).
Défenseurs : 6 Travis Sanheim (29 ans, Philadelphia Flyers, NHL), 7 Devon Toews (31 ans, Colorado Avalanche, NHL), 8 Cale Makar (28 ans, Colorado Avalanche, NHL), 20 Thomas Harley (24 ans, Dallas Stars, NHL), 27 Shea Theodore (30 ans, Vegas Golden Knights, NHL), 44 Josh Morrissey (30 ans, Winnipeg Jets, NHL), 7 Colton Parayko (32 ans, St. Louis Blues, NHL), 89 Drew Doughty (36 ans, Los Angeles Kings, NHL),
Attaquants : 9 Sam Bennett* (29 ans, Florida Panthers, NHL), 10 Nick Suzuki (26 ans, Canadiens de Montréal, NHL), 13 Sam Reinhart (30 ans, Florida Panthers, NHL), 14 Bo Horvat (30 ans, New York Islanders, NHL), 17 Macklin Celebrini (19 ans, San José Sharks, NHL), 24 Seth Jarvis (24 ans, Carolina Hurricanes, NHL), 29 Nathan MacKinnon (30 ans, Colorado Avalanche, NHL), 38 Brandon Hagel (27 ans, Tampa Bay Lightning, NHL), 43 Tom Wilson (31 ans, Washington Capitals, NHL), 61 Mark Stone (33 ans, Vegas Golden Knights, NHL), 63 Brad Marchand (37 ans, Florida Panthers, NHL), 87 Sidney Crosby (38 ans, Pittsburgh Penguins, NHL), 93 Mitch Marner (28 ans, Vegas Golden Knights, NHL), 97 Connor McDavid (29 ans, Edmonton Oilers (NHL)
* remplaçants - annoncés dans la semaine précédant le tournoi - des spécialistes d'infériorité numérique 71 Anthony Cirelli (28 ans, Tampa Bay Lightning, NHL) et 21 Brayden Point (29 ans, Tampa Bay Lightning, NHL), blessés respectivement à l'épaule et au genou
République Tchèque : les héros de Prague ont-ils vieilli ?
Radim Rulík (en photo avec le capitaine Roman Červenka lors de la présentation des tenues olympiques) a connu le succès dès sa première grande compétition comme entraîneur national, lors du Mondial 2024 à Prague. Ce triomphe sportif et populaire a redonné la saveur du hockey et de la victoire à tout un pays. Rulík essaie encore de prolonger ce moment car il a choisi pas moins de 19 héros de "Pragano", comme on a appelé ce tournoi en référence à l'historique titre olympique de Nagano. Il a trouvé un groupe dont il a apprécié avant tout l'attitude, et veut exactement le même état d'esprit à Milan.
Deux ans, cela peut toutefois être long dans le hockey. Les héros ont vieilli. Les critiques ont ciblé en particulier Tomáš Kundrátek, qui vient de fêter ses 36 ans et dont la fiche en club est catastrophiques (-12 au moment de la nomination, -16 depuis). Les stats avancées indiquent toutefois des chiffres corrects dans sa zone, même son impact offensif est notoirement proche de zéro. Rulík a pris Kundrátek parce qu'il est avec Radko Gudas le seul autre défenseur qui peut montrer les muscles et faire la loi dans sa zone. Le coach a aussi sous-entendu que les 4 défenseurs de plus de 35 ans (chiffre vu comme assez inquiétant) ne seraient peut-être pas tous sur la glace mais auraient une influence positive dans le vestiaire.
La réalité déjà évoquée (cf bilan du Mondial 2025) est que la situation défensive est préoccupante. L'entraîneur des défenseurs de l'équipe nationale, Marek Židlický, était un grand défenseur offensif, mais dans la génération actuelle, seul Filip Hronek semble pleinement capable de créer des occasions pour ses attaquants. On attend que Jiří Ticháček et David Špaček franchiront un cap, alors que celui perçu il y a quelque années comme le meilleur espoir, David Jiříček, ne se développe plus et n'arrive toujours pas à prendre une place permanente en NHL, ce qui lui a coûté sa place.
Ceux qui ne jouaient pas ou pas assez en NHL n'ont en effet pas été appelés. Filip Chytil s'est dit scandalisé que personne ne soit entré en contact avec lui. Rulík, qui a confirmé avoir communiqué via son agent, a donné sa réponse finale sur le site web d'information très respecté Seznam Zprávy : "Nous avons parlé à tous les joueurs de NHL en août à Beroun. Nous leur avons communiqué des critères de nomination clairs, dont celui d'être en pleine forme. Filip Chytil est un attaquant talentueux qui, en pleine santé, aurait probablement le même temps de jeu que Pasta, Hertl ou Nečas. Nous n'en doutons pas. Cependant, nous lui avons dit que s'il ne jouait pas, il ne devrait pas s'en offusquer, mais que nous serions contraints de nommer d'autres joueurs. Nous nous sommes séparés en partant du principe qu'il avait compris. Je regrette que Tom Wilson l'ait chargé si violemment [en octobre] et qu'il n'ait repris la compétition en NHL que vendredi [23 janvier]. Mais sa nomination était simplement hors de question après trois mois d'arrêt. Malheureusement, Filip avait subi d'autres commotions cérébrales. Il n'a pas joué depuis octobre et une commotion n'est pas une fracture du bras, le pronostic de guérison est incertain. Nommer quelqu'un dans une telle situation serait un pari risqué pour moi."
À propos de l'autre joueur NHL omis, Adam Klapka, Rulík a déclaré : "J'ai besoin d'un joueur qui joue en supériorité ou en infériorité numérique. Il ne joue ni l'un ni l'autre avec les Flames, juste à 5 contre 5. S'il pratiquait l'infériorité numérique avec son grand gabarit, il serait dans l'effectif." Les explications n'ont pas convaincu tout le monde, mais Rulík est cohérent et avait prévenu. En voyant qu'il jouait trop peu avec Edmonton, David Tomasek a écourté son expérience de la NHL et est rentré en Suède en décembre pour pouvoir être sélectionné aux Jeux olympiques.
Tout le monde est donc censé être en forme et prêt à jouer. La force de cette équipe tchèque est sa cohésion. Tout le monde sait quel est son rôle et personne ne va se plaindre pendant le tournoi. Il y a un meneur de jeu qui a été choisi porte-drapeau par un vote de tous les sportifs tchèques de la délégatio(Pastrňák), un joueur qui peut faire la différence par sa vitesse (Nečas), des spécialistes offensifs pour l'avantage numérique (les buteurs Kubalik et Palát ou le passeur Červenka) mais aussi des attaquants défensifs responsables comme les centres Sedlák, Kämpf et Faksa. On aimerait toutefois pouvoir être aussi exhaustif sur les qualités de la défense... Tout cela ne suffit pas à faire des Tchèques des favoris face à des pays en théorie bien mieux armés, mais ils espèrent faire un coup en quart de finale.
Gardiens : 1 Lukáš Dostál (25 ans, Anaheim Ducks, NHL, 19 sélections, 92,7%), 50 Karel Vejmelka (29 ans, Utah Mammoth, NHL, 51 sélections, 91,1%), 80 Daniel Vladař (28 ans, Philadelphia Flyers, NHL, 7 sélections, 93,6%).
Défenseurs : 3 Radko Gudas (35 ans, Anaheim Ducks, NHL, 46 sélections, 4 buts), 6 Michal Kempný (35 ans, Brynäs IF, SUE, 100/10), 7 David Špaček (22 ans, Iowa Wild, AHL, 24/1), 17 Filip Hronek (28 ans, Vancouver Canucks, NHL, 55/7), 26 Jiří Ticháček (23 ans, Kärpät Oulu, FIN, 31/0), 44 Jan Rutta (35 ans, Genève-Servette, SUI, 53/6), 51 Radim Šimek (33 ans, Liberec, TCH, 45/5), 84 Tomáš Kundrátek (36 ans, Třinec, TCH, 134/13).
Attaquants : 10 Roman Červenka (40 ans, Pardubice, TCH, 220/63), 12 Radek Faksa (32 ans, Dallas Stars, NHL), 14 Filip Chlapík* (28 ans, Sparta Prague, TCH, 47/14), 18 Ondřej Palát (34 ans, New Jersey Devils, NHL, 33/6), 19 Jakub Flek (33 ans, Kometa Brno, TCH, 107/28), 23 Lukáš Sedlák (32 ans, Pardubice, TCH, 51/18), 48 Tomáš Hertl (32 ans, Vegas Golden Knights, NHL, 49/6), 64 David Kämpf (31 ans, Vancouver Canucks, NHL, 24/5), 73 Ondřej Kaše (30 ans, Litvínov, TCH, 16/4), 81 Dominik Kubalík (30 ans, EV Zoug, SUI, 102/42), 88 David Pastrňák (29 ans, Boston Bruins, NHL, 49/21), 93 Matěj Stránský (32 ans, Davos, SUI, 95/20), 96 David Tomášek (29 ans, Färjestad BK, SUE, 73/22), 98 Martin Nečas (27 ans, Colorado Avalanche, NHL, 21/7).
* remplaçant de Pavel Zacha (28 ans, Boston Bruins, NHL, 4/1) blessé dans une match NHL le 29 janvier.
Suisse : derrière les règles intransigeantes, une culture d'équipe
Finaliste frustrée des deux derniers championnats du monde, la Suisse se contenterait évidemment d'une médaille de n'importe quel couleur dans un contexte olympique. Jusqu'ici, les JO n'ont été que de mauvais souvenirs pour l'entraîneur Patrick Fischer, dont le bilan est de 2 victoires pour 7 défaites dans les deux dernières éditions alors que l'absence des joueurs de NHL était parfois présentée comme une opportunité. Et si les Helvètes étaient finalement meilleurs en leur présence ? L'organisateur Josi et le sécurisant Siegenthaler en défense, le créateur Hischier, le spectaculaire Fiala et le buteur Meier en attaque sont autant de joueurs indispensables. Et puis, les deux plus mémorables résultats olympiques ont été obtenus contre le Canada au grand complet en 2006 et 2010. Cela tombe bien car les superstars canadiennes sont encore une fois dans la même poule !
Il y a toutefois un joueur de NHL absent, et qui n'a jamais porté le maillot à croix blanche en senior : Lian Bichsel, suspendu par la fédération depuis qu'il a refusé une sélection à un Mondial junior. Une sanction incomprise en Amérique du Nord, et que même les journalistes suisses se sont mis à critiquer en la trouvant trop dure. Le jeune joueur a toujours refusé de s'excuser, mais la fédération n'a pas l'intention de passer l'éponge non plus. Elle ne veut pas que cette décision soit interprétée comme choix personnel du sélectionneur Patrick Fischer, ni du même du directeur sportif des équipes nationales Lars Weibel, deux hommes qui quitteront leurs postes à l'été prochain après le Mondial à domicile. C'est pourquoi le président de la fédération s'est impliqué dans un communiqué, de même que le groupe élargi des capitaines (Josi, Hischier, Glauser, Niederreiter et Genoni) : "Nous soutenons pleinement les règles et principes définis en commun ainsi que la décision résultante qui s'applique également à tous. Ces lignes directrices ont été co-développées au sein de l'équipe des capitaines et sont une part importante de notre culture d'équipe et de notre succès."
Souvenons-nous que Denis Malgin avait été lui-même suspendu pour avoir décliné une convocation, il avait fait profil bas et avait ensuite pleinement été réintégré. L'entêtement arrogant de Bichsel ne plaît pas du tout à la fédération qui ne veut pas céder. Les refus de sélection pour convenances personnelles sont certes communes dans d'autres pays et présentées comme normales en NHL. Elles l'étaient aussi en Suisse au siècle dernier, quand l'équipe nationale ne valait rien avant que Ralph Krueger ne commence à instaurer une culture de la glace. Mais dans une Nati où un Kevin Fiala débarque même après un accouchement et une fausse couche de sa femme, l'individualisme d'un jeune célibataire carriériste est mal perçu. Sans cet état d'esprit qui priorise l'équipe nationale, la Suisse n'aurait jamais connu quatre finales mondiales...
Le cas Bichsel ayant été décidé très tôt, l'effectif suisse est très prévisible, sinon par la présence de Ken Jäger, qui aurait été attendue il y a six mois mais sans doute moins après une saison discrète et une blessure. Patrick Fischer maintient clairement la confiance en ses cadres, même quand il s'agit de prendre un troisième gardien de 39 ans (Reto Berra) au lieu du jeune Stéphane Charlin dont on aura besoin à l'avenir. Il ne faut pas non plus couper les ponts avec les jeunes mais, sur ce tournoi, ce groupe qui a un fort vécu en commun peut bousculer les cartes.
Gardiens : 20 Reto Berra (39 ans, HC Fribourg-Gottéron, SUI, 127 sélections), 40 Akira Schmid (Vegas Golden Knights, NHL, 10 sélections), 63 Leonardo Genoni (38 ans, EV Zoug, SUI, 148 sélections).
Défenseurs : 14 Dean Kukan (32 ans, ZSC Lions, SUI, 119 sélections / 7 buts + 32 assists), 43 Andrea Glauser (29 ans, HC Fribourg-Gottéron, SUI, 80/7+12), 45 Michael Fora (30 ans, HC Davos, SUI, 127/7+22), 54 Christian Marti (32 ans, ZSC Lions, SUI, 100/2+11), 56 Tim Berni (25 ans, Genève-Servette HC, SUI, 46/3+4), 71 Jonas Siegenthaler (28 ans, New Jersey Devils, NHL, 44/4+12), 86 Janis Jérôme Moser (25 ans, Tampa Bay Lightning, NHL, 48/4+14), 90 Roman Josi (35 ans, Nashville Predators, NHL, 86/13+37).
Attaquants : 8 Simon Knak (24 ans, HC Davos, SUI, 24 sélections / 6 buts + 11 assists), 9 Damien Riat (28 ans, Lausanne HC, SUI, 91/23+15), 13 Nico Hischier (27 ans, New Jersey Devils, NHL, 49/24+24), 17 Ken Jäger (27 ans, Lausanne HC, SUI, 46/4+5), 21 Kevin Fiala (29 ans, Los Angeles Kings, NHL, 56/17+31), 22 Nino Niederreiter (33 ans, Winnipeg Jets, NHL, 72/24+20), 23 Philipp Kurashev (26 ans, San José Sharks, NHL, 38/4+14), 28 Timo Meier (29 ans, New Jersey Devils, NHL, 34/13+20), 44 Pius Suter (29 ans, St. Louis Blues, NHL, 42/14+15), 62 Denis Malgin (29 ans, ZSC Lions, SUI, 51/9+29), 73 Sandro Schmid (25 ans, HC Fribourg-Gottéron, SUI, 38/4+7), 79 Calvin Thürkauf (28 ans, HC Lugano, SUI, 75/21+14), 85 Sven Andrighetto (32 ans, ZSC Lions, SUI, 85 sélections, 26+27), 88 Christoph Bertschy (31 ans, HC Fribourg-Gottéron, SUI,123/16+32).
France : une polémique surexposée masque les enjeux véritables
La France a été la première équipe à publier sa sélection olympique, avant Noël, au lendemain d'une des commissions du Comité National Olympique et Sportif Français qui entérine les participants olympiques. C'est le CNOSF qui a dévoilé la liste et pris de court la FFHG contrainte d'accélérer la communication. Si elle avait été dévoilée en même temps que les grandes nations, la composition française serait sans doute passée totalement inaperçue. En période creuse, la non-sélection de Tim Bozon a pourtant été présentée comme une affaire d'État et reprise dans bien des pays, de l'Allemagne jusqu'au Canada.
Tim Bozon était au courant de son éviction depuis près de deux mois et digérait - de travers - la nouvelle. Il a eu le temps d'affûter ses arguments pour le moment où le journaliste suisse Grégory Beaud a recueilli ses états d'âme. L'attaquant de Genève-Servette a dénoncé une vendetta personnelle en rappelant qu'il était le meilleur marqueur de l'équipe de France depuis quatre ans en compétitions internationales. Parlons chiffres, alors. Son bilan 2022-2025 est de 5 buts et 12 assists... mais avec une fiche de -16 (la pire fiche +/- des attaquants, dont certains buts encaissés sous sa responsabilité directe). Son concurrent direct pour un poste similaire, Charles Bertrand (photo), a un bilan de 5 buts, 4 assists et -11. Chacun pourra se faire son opinion.
Le doyen du tournoi Pierre-Édouard Bellemare, capitaine et garant de l'état d'esprit tricolore qui a prolongé sa carrière pour participer enfin aux Jeux olympiques, a adoubé ses ailiers Perret et Fabre qui le complètent bien. Si on ajoute les évidences Stéphane Da Costa et Alexandre Texier (en pleine renaissance depuis son arrivée à Montréal il y a deux mois alors que sa carrière NHL semblait dans une impasse à Saint Louis) plus Bertrand, il n'y a donc plus de place olympique concrète pour Tim Bozon, ni sur le top-6 ni en avantage numérique, où la présence devant la cage d'Addamo et Treille est indispensable.
Dans ces conditions, l'argumentaire utilisé par Tim Bozon se retourne un peu contre lui. Dans cette polémique qui a sans doute coupé les ponts avec le sélectionneur Yorick Treille, il a renforcé l'image que le staff avait de lui. Il ne semble pas prêt à adopter un rôle de l'ombre comme son frère, ou à patienter en tribune comme joker en gardant un esprit positif dans l'intérêt du groupe. Il se focalise sur les points, mais on ne parle pas des prochains championnats du monde de D1A ou d'un match pour le maintien dans l'élite. Il y aura très peu de place aux JO pour s'exprimer en zone offensive. La communication de la fédération met l'accent sur la difficulté - réelle - des adversaires de groupe, mais l'important, c'est le rival en barrages, très aléatoire en raison de la formule complètement nulle due (le dernier tournoi olympique non saboté était celui de Turin 2006 en deux poules de six avant que la ligue nord-américaine n'oblige à raccourcir la compétition). Même après trois défaites, même si elles étaient cuisantes, les Bleus pourraient très bien tomber sur le deuxième de la poule C... et avoir une chance de se qualifier sur un seul match pour un quart de finale ! Alors, pour ce retour aux JO tant attendu depuis Salt Lake City 2002, il faudra vraiment y croire jusqu'au bout.
Yorick Treille a très bien expliqué sa tactique face à cette adversité de haut niveau dans un entretien avec Laurent Bellet : "Si on laisse le centre de glace, notamment dans notre zone, on sera puni en 10 ou 15 secondes. Il nous faudra rester ultra connectés pour faire - si possible - parfois des tout petits jeux, sous pression, entre défenseur et attaquant dans notre zone pour ressortir le palet. Ces petits jeux ont l'avantage que l'on reste proche les uns des autre et même si le palet est perdu, on reste compact, on est couvert. Et puis parfois, ne pas hésiter à faire des flips pour sortir le palet et compter sur la vitesse de nos attaquants, s'engager comme des malades. Je le répète, le jeu dans les bandes sera primordial comme les mises au jeu."
Voir l'analyse complète de l'effectif et l'alignement possible
Gardiens : 30 Antoine Keller (21 ans, HC Ajoie, SUI, 9 sélections, 88,5%), 33 Julian Junca (27 ans, Dukla Trenčín, SVK, 24 sélections, 89,4%), 36 Martin Neckar (20 ans, Langnau/Coire, SUI/SUI-2, 4 sélections, 97,9%).
Défenseurs : 5 Enzo Guebey (63 sélections, 6 buts + 10 assists, Davos, SUI), 7 Pierre Crinon (89 sélections, 0 but + 5 assists, Grenoble, FRA), 8 Hugo Gallet (112 sélections, 8 buts + 24 assists, KalPa Kuopio, FIN), 18 Yohann Auvitu (144 sélections, 11 buts + 50 assists, Vítkovice, TCH), 19 Enzo Cantagallo (30 sélections, 1 but + 3 assists, Marseille, FRA), 27 Jules Boscq (37 sélections, 2 buts + 5 assists, Bordeaux, FRA), 62 Florian Chakiachvili (156 sélections, 12 buts + 31 assists, Rouen, FRA), 74 Thomas Thiry (96 sélections, 0 but + 5 assists, HC Ajoie, SUI).
Attaquants : 3 Charles Bertrand (152 sélections, 25 buts + 18 assists, Sport Vaasa, FIN), 14 Stéphane Da Costa (87 sélections, 33 buts + 54 assists, Avtomobilist Ekaterinbourg, RUS), 24 Justin Addamo (22 sélections, 5 buts + 1 assist, Jukurit Mikkeli, FIN), 25 Nicolas Ritz (191 sélections, 16 buts + 15 assists, Angers, FRA), 29 Louis Boudon (53 sélections, 5 buts + 9 assists, Jukurit Mikkeli, FIN), 41 Pierre-Édouard Bellemare (188 sélections, 42 buts + 58 assists, HC Ajoie, FRA), 42 Alexandre Texier (58 sélections, 13 buts + 21 assists, Canadiens de Montréal, NHL), 72 Jordann Perret (157 sélections, 21 buts + 20 assists, Hradec Králové, TCH), 77 Sacha Treille (246 sélections, 50 buts + 41 assists, Grenoble, FRA), 78 Dylan Fabre (44 sélections, 10 buts + 7 assists, Ässät Pori, FIN), 81 Anthony Rech (162 sélections, 25 buts + 31 assists, Rouen, FRA), 90 Aurélien Dair (43 sélections, 8 buts + 7 assists, Grenoble, FRA), 91 Floran Douay (72 sélections, 5 buts + 10 assists, Lausanne HC, SUI), 95 Kévin Bozon (75 sélections, 7 buts + 10 assists, HC Ajoie, SUI).
Groupe B
Suède : l'assemblage de très bons joueurs formera-t-il un groupe ?
L'air italien rappelle de très bons souvenirs à la Suède. En 2006 à Turin, elle avait obtenu son deuxième et dernier titre olympique, portée par les mythiques Peter Forsberg et Mats Sundin. La Suède n'a plus de telles étoiles au firmament du hockey, d'idoles comme on n'en fait plus. La Tre Kronor est passée par les pires performances de son histoire. Elle n'a plus atteint de finale depuis deux olympiades et huit compétitions internationales. L'avenir semble appartenir au centre Leo Carlsson - malheureusement forfait après un syndrome de Morel-Lavallée (épanchement sérolymphatique dans la cuisse) - et à l'ailier Lucas Raymond, mais le talent seul ne fait pas une superstar. Parfois, la trajectoire déraille, comme celle d'un Elias Pettersson qui doit se défaire de sa réputation de diva capricieuse née dans le vestiaire de Vancouver et pour qui ces JO arrivent à la croisée des chemins.
Les rôles étaient mieux définis quand il y avait des meneurs de jeu à l'attitude indiscutable et des porteurs d'eau. Hallam avait annoncé très tôt qu'il ne prendrait que des joueurs de NHL. Ce n'était jamais arrivé avec ses prédécesseurs. Le choix ne manque pas de nos jours. La Suède peut composer une équipe dont tous les éléments sont des joueurs de première ou de deuxième ligne dans leurs franchises de NHL... mais peut-elle construire un collectif ? Longtemps, les entraîneurs de Tre Kronor ont construit leurs succès sur un système assez défensif, sur la force d'un groupe, même avec des talents d'exception à disposition. Sam Hallam n'est pas fait du même bois, il prône un hockey plus offensif et prend tous les meilleurs éléments. Malgré un large panel de possibilités, sa sélection est ainsi relativement consensuelle, à l'exception peut-être du jeune Pontus Holmberg, vu comme un protégé de Hallam qui l'a révélé au plus haut niveau à Växjö (mais aussi un joueur peut-être plus facile à laisser en tribune que d'autres...).
La quantité énorme de bons défenseurs suédois rendait la décision particulièrement difficile dans ce secteur. La valeur montante Philip Broberg et la seconde jeunesse retrouvée cette saison par Oliver Ekman-Larsson ont exclu les vétérans Mattias Ekholm (35 ans) - qui a ouvertement exprimé sa déception - et Adam Larsson (33 ans), qui auraient pu être très utiles en zone défensive, surtout que la principale valeur sûre dans la protection de la cage Victor Hedman, opéré du coude en décembre, revient au jeu juste à temps pour le tournoi olympique. L'attaque s'est aussi privée de Mikael Backlund, un centre défensif. L'effectif de talent est-il un peu trop léger dans les duels et tourné vers l'offensive ?
Entraîneur de la Suède, c'est un des postes les plus compliqués du hockey mondial, sous le collimateur d'experts tactiques et de plumes assassines de la presse tabloïd. Bengt-Åke Gustafsson avait triomphé à Turin contre l'opinion. Sam Hallam ne joue pas son avenir, mais sa postérité. Il sait déjà que son mandat de 4 ans prendra fin l'été prochain et qu'il sera jugé sur la réussite de ce rendez-vous olympique essentiel.
Gardiens : 25 Jacob Markström (New Jersey Devils, NHL), 30 Jesper Wallstedt (Minnesota Wild, NHL), 32 Filip Gustavsson (Minnesota Wild, NHL).
Défenseurs : 3 Oliver Ekman-Larsson (Toronto Maple Leafs, NHL), 4 Rasmus Andersson (Vegas Golden Knights, NHL), 6 Philip Broberg (St. Louis Blues, NHL), 26 Rasmus Dahlin (Buffalo Sabres, NHL), 27 Hampus Lindholm* (Boston Bruins, NHL), 42 Gustav Forsling (Florida Panthers, NHL), 65 Erik Karlsson (Pittsburgh Penguins, NHL), 77 Victor Hedman (Tampa Bay Lightning, NHL).
Attaquants : 9 Filip Forsberg (Nashville Predators, NHL), 10 Alexander Wennberg (San José Sharks, NHL), 14 Joel Eriksson Ek (Minnesota Wild, NHL), 19 Adrian Kempe (Los Angeles Kings, NHL), 23 Lucas Raymond (Detroit Red Wings, NHL), 28 Elias Lindholm (Boston Bruins, NHL), 29 Pontus Holmberg (Tampa Bay Lightning, NHL), 40 Elias Pettersson (Vancouver Canucks, NHL), 63 Jesper Bratt (New Jersey Devils, NHL), 67 Rickard Rakell (Pittsburgh Penguins, NHL), 88 William Nylander (Toronto Maple Leafs, NHL), 90 Marcus Johansson* (Minnesota Wild, NHL), 92 Gabriel Landeskog (Colorado Avalanche, NHL), 93 Mika Zibanejad (New York Rangers, NHL).
* remplaçants respectifs de Jonas Brodin (Minnesota Wild, NHL) et Leo Carlsson (Anaheim Ducks, NHL), blessés après la liste initiale.
Finlande : un contrat mal ficelé, voilà comment on prolonge un entraîneur aux mauvais résultats
La vraie spécialiste des Jeux Olympiques, c'est la Finlande ! La championne olympique en titre a été médaillée 6 fois sur les 8 derniers Jeux Olympiques... et même 4 fois sur 5 quand la NHL libérait tous ses joueurs (contre 3 fois pour le Canada, 2 fois pour les Russes, Suédois, Américains et Tchèques). Sur le papier, elle n'est jamais aussi forte que les autres, mais a toujours su avoir un collectif plus fort que ses individualités avec des joueurs parfaitement dans leurs rôles.
Les chances olympiques des Leijonat ont pourtant pris du plomb dans l'aile quand Aleksander Barkov, le capitaine des Florida Panthers doubles vainqueurs de la Coupe Stanley, s'est déchiré les ligaments croisés du genou en septembre. Avec un joueur aussi dominant que Barkov, la Finlande aurait clairement été l'équipe la mieux pourvue au poste de centre derrière le Canada. Même sans lui, elle n'est pas dépeuplée, preuve que la profondeur progresse. Le cérébral Aho et le puissant Hintz mèneront les deux premières lignes. Le profil complet de Lundell peut jouer dans toutes situations de jeu. Au besoin, Haula a centré toute la saison la deuxième ligne de Nashville, mais le profil qui a vraiment percé cette année (à Montréal) est un Oliver Kapanen opportuniste dans le slot.
L'effectif, composé par un échange entre le manager Jere Lehtinen et l'entraîneur national Antti Pennanen, n'a pas fait grand débat, même dans un pays aussi mordu de hockey. Comme prévu, le seul joueur évoluant en Europe est Mikko Lehtonen, qui mènera la deuxième unité de jeu de puissance derrière Miro Heiskanen. Ces deux défenseurs offensifs sont parmi les 5 joueurs seulement à avoir déjà participé aux JO (les autres sont Määttä, Granlund et Tolvanen). La composition était tellement attendue et sans histoires que la seule controverse est venu de l'affichage du nom inconnu d'Eetu Tolvanen sur le grand écran au lieu d'Eeli Tolvanen.
Le vrai sujet clivant, c'est le coach Antti Pennanen. Le bilan de sa première saison est objectivement médiocre (dernier de la Confrontation des 4 nations et septième des championnats du monde à sa première saison)... et pourtant la fédération vient de le prolonger pour la saison 2026/27 avant que les échéances importantes n'arrivent. En fait, elle s'est piégée elle-même en faisant signer un contrat de 2+1 ans. L'option pour la troisième année devait être levée au plus tard en janvier. Cela aurait été un message compliqué d'envoyer un message de défiance à l'entraîneur juste avant l'échéance la plus importante de son mandat. Par obligation, il fallait lui faire confiance... et espérer que ce choix soit le bon.
Gardiens : 32 Kevin Lankinen (30 ans, Vancouver Canucks, NHL), 70 Joonas Korpisalo (31 ans, Boston Bruins, NHL), 74 Juuse Saros (30 ans, Nashville Predators, NHL).
Défenseurs : 3 Olli Määttä (31 ans, Utah Mammoth, NHL), 4 Mikko Lehtonen (32 ans, ZSC Lions, SUI), 10 Henri Jokiharju (26 ans, Boston Bruins, NHL), 23 Esa Lindell (31 ans, Dallas Stars, NHL), 33 Nikolas Matinpalo (27 ans, Ottawa Senators, NHL), 41 Miro Heiskanen (26 ans, Dallas Stars, NHL), 55 Rasmus Ristolainen (31 ans, Philadelphia Flyers, NHL), 77 Niko Mikkola (29 ans, Florida Panthers, NHL).
Attaquants : 15 Anton Lundell (24 ans, Florida Panthers, NHL), 20 Sebastian Aho (28 ans, Carolina Hurricanes, NHL), 24 Roope Hintz (29 ans, Dallas Stars, NHL), 27 Eetu Luostarinen (27 ans, Florida Panthers, NHL), 28 Eeli Tolvanen (26 ans, Seattle Kraken, NHL), 40 Joel Armia (32 ans, Los Angeles Kings, NHL), 56 Erik Haula (34 ans, Nashville Predators, NHL), 62 Artturi Lehkonen (30 ans, Colorado Avalanche, NHL), 64 Mikael Granlund (33 ans, Anaheim Ducks, NHL), 84 Kaapo Kakko (24 ans, Seattle Kraken, NHL), 86 Teuvo Teräväinen (31 ans, Chicago Blackhawks, NHL), 91 Oliver Kapanen (22 ans, Canadiens de Montréal, NHL), 94 Joel Kiviranta (29 ans, Colorado Avalanche, NHL), 96 Mikko Rantanen (29 ans, Dallas Stars, NHL).
* remplaçant d'Ukko-Pekka Luukkonen (26 ans, Buffalo Sabres, NHL) blessé après la liste initiale
La médaille de bronze aux derniers Jeux olympiques à Pékin restera certainement insurpassable pour la Slovaquie. Devenu à l'époque un héros national avant même d'atteindre sa majorité; Juraj Slafkovský a connu un développement parfois plus lent que prévu avec Montréal mais y donne enfin la pleine mesure de son talent. La jeune star aura déjà la pression de tout un pays. L'autre héros du podium olympique était quatre fois plus âgé : l'entraîneur canadien Craig Ramsay. Il ne vivra pas de troisième tournoi olympique car sa santé l'a cloué au lit à 74 ans en avril dernier, le poussant finalement à une retraite bien méritée. Rappelé d'abord pour un intérim, Vladimir Országh s'est installé définitivement au poste de sélectionneur. Il a hérité de quelques sujets controversés, à gérer avec le manager général et président de fédération Miroslav Šatan.
Comme la Suisse, la Slovaquie a aussi son banni : Marian Studenič avait claqué la porte le jour du premier match du tournoi de qualification olympique parce qu'il n'était pas content de sa position dans l'équipe. Bien évidemment, il n'est pas question de le sélectionner après ça. Studenič a dit dans un podcast avoir regretté sa décision une heure après, quand il était déjà trop tard. Contrairement à Bichsel, il ne s'est cherché aucune excuse et a battu sa coulpe pour son erreur. Országh a déclaré qu'il lui donnerait une seconde chance, après les JO bien sûr.
L'autre sujet potentiellement conflictuel concerne les joueurs de KHL. Depuis l'élection d'un parlement puis d'un président pro-russes en Slovaquie, il n'est plus question de les bannir. Hormis le gardien Patrik Rybár, les candidats slovaques de KHL avaient fait inscrire par avance une clause de sortie dans leurs contrats pour la durée des JO ("mais c'est la KHL, tout peut changer d'un jour à l'autre", avait commenté Országh). Le joueur qui avait évoqué son malaise à l'idée de côtoyer des hockeyeurs salariés en Russie - Martin Pospíšil - avait été parmi les six premiers joueurs présélectionnés à l'été et a conservé son poste même s'il vient juste de faire son retour avec les Flames de Calgary après une cinquième commotion cérébrale.
Adam Růžička, qui s'était "réfugié" en Russie après avoir réussi la "performance" de saboter sa carrière NHL en postant lui-même sur un réseau social une vidéo le montrant en présence d'une ligne blanche de cocaïne, est donc lui aussi pardonné. La Slovaquie ne peut guère se passer de lui car elle manque de purs centres. Marek Hrivik, qui menait le premier trio aux JO de Pékin, a beaucoup baissé de niveau et a de toute façon déclaré forfait sur blessure, remplacé par un centre purement défensif (Lukáš Cingeľ). Les deux lignes offensives majeures seront donc conduites par Růžička et le très jeune Dalibor Dvorský, peu efficace aux derniers championnats du monde (1 petit point) mais déjà titulaire en NHL à 20 ans. Oui, cette équipe paraît encore tendre, mais elle représente un motif d'espoir pour les Slovaques, qui ont longtemps vécu dans la nostalgie. Ce sont eux qui alignent aujourd'hui l'effectif le plus jeune du tournoi (27,8 ans) malgré l'absence de l'espoir de 21 ans Samuel Honzek, dont la saison s'est achevée par une opération de l'épaule (après une collision avec son coéquipier Backlund à Calgary).
Gardiens : 30 Adam Gajan (21 ans, University of Minnesota-Duluth, NCAA, 0 sélection), 31 Samuel Hlavaj (24 ans, Iowa Wild, AHL, 29 sélections), 33 Stanislav Škorvánek (29 ans, Hradec Králové, TCH, 18 sélections)
Défenseurs : 14 Peter Čerešňák (33 ans, Pardubice, TCH, 120/9), 17 Šimon Nemec (21 ans, Nitra, SVK, 46 sélections / 2 buts), 28 Martin Gernát (32 ans, Lokomotiv Yaroslavl, KHL, 72/9), 29 Michal Ivan (26 ans, Liberec, TCH, 82/5), 42 Martin Fehérváry (26 ans, Washington Capitals, NHL, 46/3), 52 Martin Marinčin (33 ans, Třinec, TCH, 47/6), 64 Patrik Koch (29 ans, Třinec, TCH, 88/3), 81 Erik Černák (28 ans, Tampa Bay Lightning, NHL, 11/4).
Attaquants : 6 Lukáš Cingeľ (33 ans, Kometa Brno, 81 sélections / 14 buts), 8 Oliver Okuliar (25 ans, Skellefteå, SUE, 36/10), 11 Miloš Kelemen (26 ans, Pardubice, TCH, 36/10), 15 Dalibor Dvorský (20 ans, St. Louis Blues, NHL, 7/1), 20 Juraj Slafkovský (Canadiens de Montréal, NHL, 41/12), 21 Adam Růžička (Spartak Moscou, KHL, 3/2), 23 Adam Liška (26 ans, Severstal Cherepovets, KHL, 55/12), 34 Peter Cehlárik (30 ans, Avangard Omsk, KHL, 32/10), 49 Samuel Takáč (34 ans, Slovan Bratislava, SVK, 55/13), 76 Martin Pospíšil (Calgary Flames, NHL, 10/3), 79 Libor Hudáček (35 ans, Třinec, TCH, 135/33), 84 Pavol Regenda (26 ans, San José Sharks, NHL, 56/16), 90 Tomáš Tatar (35 ans, EV Zoug, SUI, 79/19), 91 Matúš Sukeľ (30 ans, Litvínov, TCH, 98/20).
* remplaçant de Marek Hrivík (34 ans, Vítkovice, TCH, 59/15) blessé au coude après la liste initiale
Italie : l'entraîneur le mieux payé... au sommet d'un champ de ruines
C'est toujours intéressant de se replonger dans ce que l'on avait écrit avec 20 ans de recul. Dans le cas de l'Italie, ce n'est même plus amusant, c'est un peu prévisible. Dans la présentation des Jeux olympiques 2006 de Turin, nous écrivions : "Amateurs de sport, les Italiens apprécieront sûrement le tournoi olympique, mais ils retourneront aussitôt après au football. La Fédération Italienne des Sports de Glace (FISG) a-t-elle un plan pour développer la pratique du hockey dans de nouvelles régions et attirer les gamins qui découvriraient ce sport ? Poser la question, c'est déjà y répondre." Le copier-coller fonctionne encore. L'équipe est moins âgée qu'à l'époque, les gardiens sont une jeune exception prometteuse entièrement formée en Italie, mais pour le reste, si la situation a profondément changé, ce n'est pas du tout en bien.
En 2006, Milan était champion d'Italie en hockey sur glace et la ville olympique du moment Turin était reléguée en série C. Aujourd'hui, le hockey sur glace a totalement disparu à Turin et quasiment disparu à Milan (un club amateur au fond du fond de ce qui reste des championnats). On peut même dire que c'est le hockey italien qui a disparu. Il est plus que jamais un sport de niche où seule "survit" la région germanophone du Tyrol du Sud qui a ses deux grands clubs engagés en ligue autrichienne (Bolzano et Val Pusteria ou Pustertal en allemand). Jusqu'à l'an dernier, il y avait là-bas un troisième club, Asiago (le club d'origine du président de la fédération Andrea Gios), qui - avant de se faire exclure pour promesses non tenues - a servi de plate-forme de transit pour que des joueurs à double passeport y passent deux ans et deviennent éligibles à représenter l'Italie aux JO, histoire de ne pas être trop ridicules. Il y aura 11 "Italos", exactement comme en 2006, symbole de l'absence de progression. Un artifice qui sera moins facile à l'avenir : le gouvernement Meloni vient de faire passer une nouvelle loi obligeant à avoir au moins un parent ou un grand-parent né en Italie pour conserver la nationalité, alors qu'auparavant elle pouvait s'hériter de génération en génération dans la diaspora.
Qui dit JO à préparer dit subventions. La FISG n'en a jamais eu autant, alors elle l'a utilisé pour embaucher des entraîneurs de renom. Mike Keenan a renoncé pour raisons de santé (il a été opéré à cœur ouvert le 2 avril 2024). Depuis un an et demi, Jukka Jalonen est donc arrivé à sa place. Multi-titré avec la Finlande, il cherchera cette fois à ne pas finir dernier et à essayer d'accrocher un résultat honorable. Jalonen est un des entraîneurs les plus mieux payés du monde à 400 000 euros par an. On dirait un salaire versé par un pays du Golfe Persique qui s'engage dans un sport inconnu. Dire que le hockey sur glace a plus d'un siècle d'histoire à Milan... Quelle tristesse ! Cet argent ne serait-il pas mieux dépensé dans des actions de développement et de formation ?
Certes, la FISG n'a pas recruté qu'une tête d'affiche pour la vitrine. Juste après l'attribution des JO, elle a aussi embauché Torgny Bendelin, qui a travaillé dix ans dans le programme de développement suédois. D'abord conseiller, il a pris depuis deux ans un poste nouvellement créé de directeur des équipes nationales juniors. Il n'a pas empêché les moins de 20 d'être relégués en D2A, au quatrième niveau mondial, une espèce d'enterrement symbolique en grande pompe dans une des patinoires olympiques. Ce n'est pas la faute de Bendelin, il se heurte juste à une culture très différente de la Suède : il se désole que les clubs pros, séparés de la structure junior, ne fassent rien pour former les jeunes et préfèrent dépenser tout leur argent à recruter des étrangers. Son constat est critique et juste, mais il ne peut pas y faire grand chose.
Gardiens : 20 Damian Clara (21 ans, Brynäs IF, SUE), 35 Davide Fadani (25 ans, EHC Kloten, SUI), 59 Gianluca Vallini (32 ans, HC Bolzano)
Défenseurs : 6 Jason Seed (HC Bolzano), 21 Daniel Glira (31 ans, Val Pusteria), 27 Thomas Larkin (35 ans, Schwenningen, ALL), 37 Phil Pietroniro (31 ans, Kladno, TCH), 53 Alex Trivellato (32 ans, Schwenningen, ALL), 55 Luca Zanatta (34 ans, Val Pusteria), 77 Gregory Di Tomaso (29 ans, Val Pusteria), 90 Dylan Di Perna (29 ans, HC Bolzano).
Attaquants : 7 Alessandro Segafredo (21 ans, ZSC Lions, SUI), 9 Daniel Mantenuto (28 ans, HC Bolzano), 10 Dustin Gazley (37 ans, HC Bolzano), 11 Marco Zanetti (23 ans, HC Lugano, SUI), 13 Matthew Bradley (29 ans, HC Bolzano), 19 Alexander Petan (33 ans, Olimpija Ljubljana, SLO), 18 Nick Saracino (33 ans, HC Val Pusteria), 22 Diego Kostner (33 ans, Ambrì-Piotta, SUI), 23 Giovanni Morini (31 ans, HC Lugano, SUI), 34 Tommy Purdeller (21 ans, HC Val Pusteria), 36 Cristiano DiGiacinto (HC Bolzano), 67 Mikael Frycklund (32 ans, HC Val Pusteria), 88 Tommaso De Luca (21 ans, Ambrì Piotta, SUI), 93 Luca Frigo (32 ans, HC Bolzano).
Groupe C
États-Unis : vitesse et physique pour prendre d'assaut le Canada
Si Donald Trump change de cible chaque semaine, l'équipe de hockey sur glace des États-Unis n'en a gardé qu'une : le Canada. Elle veut défier physiquement ses voisins du nord et l'avait fait jusqu'à l'excès l'an passé dans une Confrontation des 4 nations marquée par des sifflets du public et des bagarres sous fond de menace d'annexion présidentielle sur le "51e État". Ce sujet a été effacé de l'actualité par d'autres, mais il est possible que les provocations de Trump reprennent pendant le tournoi olympique de hockey et envenime encore la situation. Dans tous les cas, les Américains restent focalisés sur l'idée d'une finale face au Canada. Ils sont sur une voie royale pour y arriver avec la poule la plus facile, dans laquelle ils n'imaginent pas autre chose que trois victoires nettes et 9 points marqués.
Mais battre le Canada ne pourra pas se faire uniquement en montrant les muscles, ni avec de grandes gueules. Depuis un quart de siècle, depuis le développement de leur Programme national de développement en fait, les Américains ont changé leurs principes de jeu, dont l'élément cardinal n'est plus le jeu physique mais avant tout la vitesse. Ils peuvent aligner l'équipe la plus rapide et battre dans ce secteur-clé du hockey moderne une équipe de Canada qui fait la part belle aux vétérans. C'est à cause de leur patinage pas assez vif qu'ils ont retiré le défenseur Adam Fox par rapport aux 4 nations et qu'ils ignorent toujours délibérément l'ailier Jason Robertson même s'il est le troisième buteur actuel de toute la NHL.
Pour autant, la taille reste aussi un critère important, qui exclut toujours Lane Hutson (défenseur offensif jugé redondant avec le maître de la possession Quinn Hughes) et deux attaquants qui tournent à un point par match, Cole Caufield et Alex DeBrincat. Le manager américain Bill Guerin avait prévenu que pour intégrer l'équipe olympique il fallait répondre à l'appel pour les championnats du monde, condition nécessaire mais pas suffisante : c'est ainsi que la médaille d'or tant attendue des États-Unis en mai a permis (en plus de Werenski et Swayman déjà assurés) à trois joueurs de gagner leur place : Clayton Keller, le géant Tage Thompson et dans un second temps Jackson LaCombe en tant que premier remplaçant en défense.
Les doutes qui planaient sur la forme des joueurs-clés se sont aussi dissipés. Après avoir longtemps traîné sa peine avec Toronto, Auston Matthews a retrouvé la pleine forme depuis Noël. Le principal défenseur défensif Jaccob Slavin est revenu au jeu à un mois de l'échéance. L'arme physique numéro 1 Matthew Tkachuk, qui incarne l'identité agressive de cette équipe américaine, a repris l'entraînement mi-janvier après avoir soigné son adducteur déchiré et détaché de l'os en poussant son corps à l'extrême la saison dernière. Les États-Unis sont donc prêts à mener l'assaut.
Gardiens : 1 Jeremy Swayman (Boston Bruins, NHL), 30 Jake Oettinger (Dallas Stars, NHL), 37 Connor Hellebuyck (Winnipeg Jets, NHL).
Défenseurs : 2 Jackson LaCombe* (Anaheim Ducks, NHL), 8 Zach Werenski (Columbus Blue Jackets, NHL), 14 Brock Faber (Minnesota Wild, NHL), 16 Noah Hanifin (Vegas Golden Knights, NHL), 25 Charlie McAvoy (Boston Bruins, NHL), 43 Quinn Hughes (Minnesota Wild, NHL), 74 Jaccob Slavin (Carolina Hurricanes, NHL), 85 Jake Sanderson (Ottawa Senators, NHL).
Attaquants : 7 Brady Tkachuk (Ottawa Senators, NHL), 9 Jack Eichel (Vegas Golden Knights, NHL), 10 J.T. Miller (New York Rangers, NHL), 12 Matt Boldy (Minnesota Wild, NHL), 16 Vincent Trocheck (New York Rangers, NHL), 19 Matthew Tkachuk (Florida Panthers, NHL), 21 Dylan Larkin (Detroit Red Wings, NHL), 29 Brock Nelson (Colorado Avalanche, NHL), 34 Auston Matthews (Toronto Maple Leafs, NHL), 59 Jake Guentzel (Tampa Bay Lightning, NHL), 72 Tage Thompson (Buffalo Sabres, NHL), 81 Kyle Connor (Winnipeg Jets, NHL), 86 Jack Hughes (New Jersey Devils, NHL), 91 Clayton Keller (Utah Mammoth, NHL).
* il a remplacé Seth Jones (Florida Panthers, NHL) blessé à la clavicule droite après la publication de la liste initiale.
Allemagne : un passeur génial mais un talon d'Achille
L'entraîneur Harold Kreis a déjà prolongé son contrat en décembre jusqu'en 2027, l'année du Mondial à domicile. Il a moins de pression sur ce rendez-vous olympique où l'Allemagne ne figure pas parmi les favorites mais a un coup à jouer. Il a confié à Eishockey News l'axe de travail majeur de son équipe : "Ce que nous avons remarqué aux championnats du monde, et qui sera encore important en pensant aux Jeux olympiques sur petite glace : il y aura beaucoup de palets joués dans le pourtour de la bande, de rims. Et dans ce domaine - les duels dans la bade, la protection du palet et sa circulation sous pression - nous avons trouvé que nos adversaires internationaux sont plus prêts que nous."
Les Allemands ont bien sûr un maître à jouer. C'est la première fois que Leon Draisaitl réapparaît en équipe nationale depuis qu'il a été élu MVP de NHL en 2020 (l'année du Covid). Auparavant, avec la sélection, il avait été bon mais pas déterminant. Pour celui qui est plus une superstar au Canada qu'en Allemagne, c'est l'occasion de porter son équipe et d'accéder à un statut similaire dans son pays. Première étape avec son élection comme porte-drapeau - après un vote en ligne relayé par la fédération - face à des multi-médaillés de plus petits sports alors qu'il n'a encore jamais connu les JO. Le passeur d'exception Draisaitl mène un groupe comprenant des techniciens habiles comme Dominik Kahun et J.J. Peterka. Il n'y a jamais eu autant de talent offensif pur dans l'histoire allemande, complété par des ailiers rapides comme Marc Michaelis et Dominik Tiffels, deux des huit joueurs de la génération 1995 - celle de Draisaitl - pour qui ce tournoi olympique constitue l'apogée. Pour assurer l'équilibre de l'équipe, le centre défensif Nico Sturm - né en 1995 lui aussi - jouera un rôle décisif : c'est le joueur de NHL avec le meilleur pourcentage de mises au jeu gagnées parmi tous les participants olympiques (plus de 56%).
La date limite fixée au 31 décembre pour déterminer la liste n'était pas vraiment du goût de Kreis. Cela signifiait en effet qu'il ne pouvait pas attendre de voir comment se rétablissaient certains convalescents. Kai Wissmann n'avait pas joué depuis sa rupture du tendon d'Achille en août, mais Kreis le considère indispensable car c'est son deuxième meilleur défenseur (derrière, Moritz Seider). Il a agi de même avec trois autres cadres blessés : Kahun, l'attaquant défensif Tobias Rieder et Mathias Niederberger. Ce dernier devrait de toute façon avoir un simple rôle de doublure car Philipp Grubauer a parfaitement réagi à des rumeurs estivales de mise à l'écart de Seattle qu'il savait fausses (car son contrat serait trop coûteux à racheter selon les règles du plafond salarial NHL) en retrouvant de belles performances. La défense donne moins de garanties avec des joueurs pas tous au meilleur de leur forme mais peu d'alternatives. Sans jeu de mot avec la blessure de Wissmann, les lignes arrières seraient-elles le talon d'Achille de la Nationalmannschaft ?
Gardiens : 30 Philipp Grubauer (34 ans, Seattle Kraken, NHL, 45 sélections), 35 Mathias Niederberger (33 ans, Munich, 93 sélections), 37 Maximilian Franzreb (29 ans, Mannheim, 20 sélections).
Défenseurs : 6 Kai Wissmann (29 ans, Eisbären Berlin, 37 sélections), 9 Leon Gawanke (26 ans, Mannheim, 31 sélections), 11 Korbinian Geibel (23 ans, Eisbären Berlin, 10 sélections), 38 Fabio Wagner (30 ans, Munich, 95 sélections), 41 Jonas Müller (30 ans, Eisbären Berlin, 104 sélections), 49 Lukas Kälble (28 ans, Mannheim, 20 sélections), 53 Moritz Seider (24 ans, Detroit Red Wings, NHL, 43 sélections), 91 Moritz Müller (39 ans, Cologne, 215 sélections).
Attaquants : 8 Tobias Rieder (33 ans, Munich, 61 sélections), 18 Tim Stützle (24 ans, Ottawa Senators, NHL, 9 sélections), 19 Wojciech Stachowiak (26 ans, Syracuse Crunch, AHL, 40 sélections), 29 Leon Draisaitl (30 ans, Edmonton Oilers, NHL, 56 sélections), 40 Alexander Ehl (26 ans, Mannheim, 74 sélections), 44 Josh Samanski (23 ans, Edmonton Oilers, NHL / Bakersfield Condors, AHL, 24 sélections), 62 Parker Tuomie (30 ans, Cologne, 40 sélections), 65 Marc Michaelis (30 ans, Mannheim, 71 sélections), 72 Dominik Kahun (30 ans, SC Berne, SUI, 110 sélections), 73 Lukas Reichel (23 ans, Vancouver Canucks, NHL), 74 Justin Schütz (25 ans, Mannheim, 38 sélections), 77 J.J. Peterka (24 ans, Utah Mammoth, NHL, 31 sélections), 78 Nico Sturm (30 ans, Minnesota Wild, 22 sélections), 95 Frederik Tiffels (30 ans, Munich, 91 sélections).
Lettonie : le renouvellement n'a pas été retardé
La Lettonie se trouve dans un changement de générations entre des vétérans en fin de carrière et de jeunes joueurs inexpérimentés encore en plein développement. Ce grand écart se voit en défense : tous les joueurs ont disputé au moins 5 championnats du monde ou JO... sauf le benjamin du tournoi Alberts Šmits qui n'a joué que la Deutschland Cup en novembre mais qui a été sélectionné sur la base de son bon temps de jeu en Liiga. Remarquons c'est aussi en rejoignant la Finlande en décembre avec un rôle important qu'Oskars Batņa a sauvé sa place de quatrième centre qui paraissait menacée un mois plus tôt).
Le symbole de la glorieuse génération, héros de la médaille de bronze mondiale (insurpassable ?) en 2023, c'est évidemment le capitaine Kaspars Daugaviņš, qui a prolongé sa carrière pour être présent. Premier joueur arrivé au camp, il sera aussi le porte-drapeau de la Lettonie. Si les supporters baltes savaient Daugaviņš intouchable, ils craignaient que trois autres ailiers - Indrasis et les frères Bukarts - soient indéboulonnables et empêchent l'arrivée de jeunes comme Vilmanis et Matejko, qui n'ont jamais joué pour Harijs Vītoliņš.
Leurs craintes étaient infondées. Le sélectionneur a expliqué - a posteriori - qu'il avait déjà intégré Vilmanis comme son septième ailier certain, et qu'il voulait panacher les deux places restantes entre un jeune (le géant de 20 ans Mateiko blessé a finalement dû laisser cette place à Ravinskis) et un vétéran. Il ne restait donc qu'une place pour les trois "vieux". Harijs Vītoliņš a dit avoir pris Roberts Bukarts pour ses mérites passés (les buts les plus importants en qualification contre la France et pour la médaille de bronze aux Mondiaux 2023), parce qu'il peut être utilisé en avantage numérique en tant que rare droitier, et parce qu'il peut être envoyé face au gardien aux tirs au but en cas de match nul. Des qualités qui ressemblent plus à celles d'un treizième attaquant qu'à un titulaire.
Dès lors, la Lettonie paraissait capable d'aligner sa meilleure équipe actuelle. Ce qui l'inquiétait, c'était la présence de trois piliers blessés au moment de l'annonce de la liste : le défenseur Rubins n'avait topujours pas joué de la saison sur blessure, le gardien Gudlevskis et le centre Blugers étaient sur le flanc depuis mi-octobre. Leur convalescence était suivie avec crainte, mais le pire restait à venir : cette image de la cheville droite de Rodrigo Abols se tordant douloureusement pendant un match de NHL de Philadelphie, une probable fracture car il est annoncé absent plusieurs mois. Les Baltes perdent là leur joueur majeur, centre numéro 1, précieux dans les deux sens de la glace, indispensable aux mises au jeu. Une mauvaise nouvelle pour son ailier Rudolfs Balcers : "Dur. Nous avons joué côte-à-côte à tous les championnats du monde."
Trois semaines avant le début du tournoi olympique, le coach Vītoliņš a donc été obligé de revoir tous ses plans. Il avait toujours dit qu'il utiliserait Zemgus Girgensons à l'aile dans son système, il sera bien obligé de l'utiliser au centre, faute d'autre recours crédible. Plutôt que d'appeler le centre remplaçant (Deniss Smirnovs), il a en effet complété l'effectif avec le second frère Bukarts, ce qui n'a clairement pas suscité des débordements d'enthousiasme chez les fans lettons. Pas facile dans ces conditions de battre une forte Allemagne et ou même des Danois euphoriques depuis mai dernier.
Gardiens : 30 Elvis Merzļikins (31 ans, Columbus Blue Jackets, NHL), 31 Artūrs Šilovs (24 ans, Pittsburgh Penguins, NHL), 50 Kristers Gudļevskis (33 ans, Bremerhaven, ALL).
Défenseurs : 3 Alberts Šmits (18 ans, Jukurit Mikkeli, FIN), 26 Uvis Balinskis (29 ans, Florida Panthers, NHL), 27 Oskars Cibuļskis (37 ans, Herning, DAN), 29 Ralfs Freibergs (34 ans, Vítkovice, TCH), 55 Roberts Mamčics (30 ans, Karlovy Vary, TCH), 72 Jānis Jaks (30 ans, Karlovy Vary, TCH), 77 Kristaps Zīle (28 ans, Liberec, TCH), 94 Kristiāns Rubīns (28 ans, Plzeň, TCH).
Attaquants : 9 Renārs Krastenbergs (27 ans, Olomouc, TCH), 11 Dans Ločmelis (21 ans, Providence Bruins, AHL), 13 Rihards Bukarts* (30 ans, HC Prešov, SVK), 16 Kaspars Daugaviņš (37 ans, Kassel Huskies, ALL-2), 17 Mārtiņš Dzierkals (28 ans, Sparta Prague, TCH), 21 Rūdolfs Balcers (28 ans, ZSC Lions, SUI), 22 Sandis Vilmanis (21 ans, Charlotte Checkers, AHL / Florida Panthers, NHL), 23 Teodors Bļugers (31 ans, Vancouver Canucks, NHL), 28 Zemgus Girgensons (31 ans, Tampa Bay Lightning, NHL), 34 Eduards Tralmaks (28 ans, Grand Rapids Griffins, AHL), 43 Anri Ravinskis* (23 ans, Abbotsford Canucks, AHL), 71 Roberts Bukarts (35 ans, Voralberg Pioneers, AUT), 95 Oskars Batņa (30 ans, Pelicans Lahti, FIN), 97 Haralds Egle (29 ans, Karlovy Vary, TCH).
* remplaçants respectifs des blessés Rodrigo Ābols (29 ans, Philadelphia Flyers, NHL) et Ēriks Mateiko (20 ans, Hershey Bears, AHL)
Danemark : pas de montagnes mais de quoi en renverser
Pays sans montagnes et sans skieurs, le Danemark n'a que les sports de glace pour le représenter aux Jeux olympiques d'hiver. C'est d'autant plus frustrant que les équipes de hockey sur glace ait mis autant de temps à s'y qualifier. 2022 fut la première participation pour les hommes comme pour les femmes. L'équipe masculine est la seule à y être parvenue cette fois, et comme il y a quatre ans, son capitaine sera le porte-drapeau pour la cérémonie d'ouverture : Frans Nielsen à Pékin et maintenant Jesper Jensen Aabo - revenu de blessure fin janvier - à Cortina.
Sans décalage horaire, la vitrine sera encore plus importante lors de la quinzaine italienne. On se disait que les excellents résultats obtenus en Chine (les Danois avaient fini septièmes avec 3 victoires en 5 matchs contre les Tchèques, les Suisses et les Lettons) seraient impossibles à rééditer, mais les Championnats du monde à domicile à Herning ont prouvé le contraire. Le Danemark s'est décomplexé en éliminant le Canada de Crosby et MacKinnon, il a créé un engouement inédit autour du hockey sur glace dont il s'agit de profiter. Il s'agit moins de donner envie aux enfants danois de pratiquer ce sport (car chaque club fait déjà le plein avec un très bon travail de formation) que de donner des motifs aux collectivités locales de construire plus de patinoires.
Les 20 joueurs qui ont battu le Canada sont tous reconduits sans exception. S'y ajoutent deux gardiens de NHL (dont le titulaire expérimenté Frederik Andersen qui vit une saison compliqué en Caroline à 87% d'arrêts), plus trois attaquants vétérans (Lars Eller, Frederik Storm et Oliver Bjorkstrand). Cette équipe a un gros cœur et la foi de pouvoir renverser des montagnes. C'est le Danemark qui a l'effectif le plus âgé du tournoi (30,8 ans de moyenne) et il risque de souffrir pour suivre le rythme de jeu très élevé avec l'enchaînement des rencontres. Le renouvellement de la défense sera une vraie question, mais elle se posera après le tournoi et on a le temps d'y penser. Pour les joueurs danois de NHL privés de JO il y a quatre ans, ce tournoi vient à point nommé et sera le rendez-vous d'une vie.
Gardiens : 30 Mads Søgaard (Ottawa Senators, NHL / Belleville Senators, AHL), 31 Frederik Andersen (36 ans, Carolina Hurricanes, NHL), 80 Frederik Dichow (24 ans, HV 71 Jönköping, SUE)
Défenseurs : 15 Matias Lassen (29 ans, Iserlohn, ALL), 22 Markus Lauridsen (34 ans, Val Pusteria, ITA/AUT), 25 Oliver Lauridsen (36 ans, TPS Turku, FIN), 40 Anders Koch (28 ans, Graz, AUT), 41 Jesper Jensen Aabo (34 ans, Klagenfurt, AUT), 42 Phillip Bruggisser (34 ans, Bremerhaven, ALL), 48 Nicholas B. Jensen (36 ans, Bremerhaven, ALL).
Attaquants : 9 Frederik Storm (36 ans, Cologne, ALL), 11 Alexander True (28 ans, JYP Jyväskylä, FIN), 12 Oscar Fisker Mølgaard (20 ans, Seattle Kraken, NHL), 17 Nicklas Jensen (32 ans, Rapperswil-Jona, SUI), 20 Lars Eller (36 ans, Ottawa Senators, NHL), 24 Nikolaj Ehlers (29 ans, Carolina Hurricanes, NHL), 27 Oliver Bjørkstrand (Tampa Bay Lightning, NHL), 29 Mikkel Aagaard (30 ans, Skellefteå, SUE), 38 Morten Poulsen (37 ans, Herning, DAN), 46 Jonas Røndbjerg (26 ans, Vegas Golden Knights, NHL), 50 Mathias Bau Hansen (32 ans, Herning, DAN), 63 Patrick Russell (33 ans, Cologne, ALL), 65 Christian Wejse (27 ans, Bremerhaven, ALL), 86 Joachim Blichfeld (27 ans, Tappara Tampere, FIN), 95 Nick Olesen (30 ans, České Budějovice, TCH).
"Joueurs d'entraînement" qui participeront à la cérémonie d'ouverture mais repartiront dimanche 8 à l'arrivée des joueurs de NHL : Mathias Seldrup (G, 29 ans, Herning, DAN), Malte Setkov (D, 27 ans, Rødovre, DAN), Phillip Schultz (A, 25 ans, Esbjerg, DAN), Mathias From (A, 28 ans, Klagenfurt, AUT), David Madsen (A, 27 ans, Winterthur, SUI-1).
Marc Branchu